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Un tweet pas si anodin

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Heureusement que Kyle Matthews a offert des excuses pour son tweet d’hier sur Paul St-Pierre Plamondon.

Car devant un tribunal, il aurait pu se retrouver dans de beaux draps.

Khmer rouge

Rappelons que Matthews, professeur à l’Université Concordia, a retweeté hier matin un reportage sur le discours du chef du PQ Paul St-Pierre Plamondon lors du Conseil national virtuel de cette formation politique.

En y ajoutant ce titre : « Pol Pot Plamondon. »

PSPP ne l’a pas pris, a dénoncé le tweet et exigé des excuses du professeur et de l’université.

Quelques heures plus tard, M. Matthews effaçait son message et offrait ses excuses : « Je n’avais pas l’intention d’insulter M. @PaulPlamondon, qui est une personnalité publique et le chef d’un parti politique. »

Pas l’intention d’insulter ? Ah oui ? Ça ne paraissait pas !

D’abord, se servir de vagues consonances entre le nom du chef péquiste et celui du tyran cambodgien, c’était à tout le moins moche ; ça n’avait rien de sympathique.

Au reste, on ne saura jamais ce que Matthews voulait vraiment dire. Dans son message d’excuses, il a simplement qualifié son tweet de « sarcasme ». Bref, ce n’était pas un compliment.

Et Pol Pot, évidemment, c’est les Khmers rouges, 1,5 million de morts. Juste ça.

Hitler

Sur Twitter, des défenseurs de Matthews enjoignaient tout un chacun hier à n’y voir qu’un tweet anodin. L’un ironisait : le prof n’aurait jamais dû s’excuser aussi vite, il fallait laisser le temps aux chroniqueurs et aux politiciens de déchirer leur chemise ! Bref, PSPP s’indignait pour la galerie.

Se poser en victime peut faire partie d’une stratégie. Mais parfois, des limites sont clairement franchies.

Comme ce jour de 1993 où Lucien Bouchard et Jacques Parizeau ont refusé de laisser passer que Richard Lafferty, un analyste financier, les compare à... Hitler ! Il le faisait trois fois, dans un petit bulletin destiné à 275 clients seulement.

N’empêche, les deux chefs le poursuivirent en diffamation et l’emportèrent. Le tribunal a jugé que les textes étaient de nature à exposer les politiciens « à la haine et au mépris ».

Sans compter que Lafferty a admis au tribunal ne pas vraiment connaître l’histoire du führer ni les politiques souverainistes. Avant d’écrire son texte, conclut le tribunal, Lafferty n’avait « fait aucune recherche, aucune démarche, ni aucune vérification ».

Expert

C’est ici que le cas de Matthews diffère. Ce dernier, à Concordia, est directeur général de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne. On peut présumer qu’il en connaît un brin sur l’histoire du Cambodge, la haine, etc.

J’y pense : à Concordia, on peut être condamné comme un « raciste » haineux simplement pour avoir, dans une salle de classe, à des fins pédagogiques, lu le titre d’un livre comportant le mot que vous savez.

Mais quand, publiquement, un expert en génocide fait une équivalence entre un atroce chef génocidaire et le chef du PQ, ce dernier devrait sourire et passer l’éponge.

Je ne suis pas d’accord. On ne sait jamais quels esprits dérangés ce type d’outrances, proférées au surplus par une voix patentée, peuvent enflammer. Vous vous rappelez le 4 septembre 2012 ?

Ah oui, Matthews a offert ses excuses. C’est toujours ben ça de pris, comme on dit.