/news/politics
Navigation

Concert d'éloges pour le français aux Communes

Coup d'oeil sur cet article

Les élus fédéraux de toutes allégeances politiques y sont allés de déclarations d’amour pour le français se voulant toutes plus émotives les unes que les autres, mercredi soir aux Communes, pour prouver qu’ils sont les plus sincères dans leur volonté de freiner le recul de la langue de Molière au Québec.

• À lire aussi: Déclin du français: «Il faut un effort de résistance», affirme Paul Piché

• À lire aussi: Les trois quarts des étudiants étrangers inscrits en anglais

• À lire aussi: Le gouvernement Trudeau talonné sur la question de la protection du français

«C’est la langue avec laquelle mon père, ma mère, moi et mes sœurs avons été accueillis ici. Et dans laquelle on s’est tout de suite senti acceptés», a dit le lieutenant québécois du gouvernement Trudeau et Argentin d’origine Pablo Rodriguez pour lancer le bal.

Dans le «débat exploratoire» de quatre heures instigué par les conservateurs sur la situation du français à Montréal, les libéraux ont réitéré qu’ils moderniseront bientôt la Loi sur les langues officielles et ont vanté leur réforme sur la radiodiffusion comme une façon de faire rayonner la culture francophone dans l’univers numérique.

Ils n’ont toutefois offert aucun détail sur le moment où ils déposeront leur nouvelle mouture de la Loi sur les langues officielles promise depuis 2015 ni envoyé de signal qu'ils acquiesceront à la volonté de Québec que les entreprises à charte fédérale, comme les banques, soient assujetties à la Loi 101 en sol québécois.

Les conservateurs, qui exigent le dépôt du projet de loi sur les langues officielles d’ici à Noël, n’ont pas non plus manqué de souligner leur attachement personnel à la langue française. Leur chef Erin O’Toole, né à Montréal, a rappelé qu’il a appris le français à 18 ans alors qu’il était dans les Forces armées canadiennes.

«Depuis longtemps, les libéraux refusent de protéger le français au Québec pour ne pas nuire aux minorités linguistiques au Canada. Des commentateurs ont laissé entendre, de mauvaise foi, qu’il existe une équivalence entre la minorité anglophone et les minorités francophones ailleurs au pays. [...] Des deux langues, il n’y a que le français qui est menacé», a-t-il lancé.

Il a réitéré sa promesse d’assujettir les entreprises à charte fédérale à la loi 101 au Québec. Les bloquistes, qui ont déposé cette semaine un projet de loi en ce sens, ont toutefois souligné que les conservateurs auraient pu agir à ce chapitre lors des 10 ans de pouvoir de l’ex-gouvernement Harper.

«Je suis chef du parti conservateur depuis trois mois», a rétorqué M. O’Toole. Le néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui a rappelé que son parti souhaite également l’application de la Charte de la langue française aux entreprises de juridiction fédérale, a invité les libéraux à transférer plus d’argent à Québec pour la francisation des nouveaux arrivants et à forcer des géants comme Netflix qu’ils produisent un minimum de contenu original francophone au Canada.

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a de son côté défendu le projet de loi de son parti visant à exiger une «connaissance suffisante» du français pour l’obtention de la citoyenneté canadienne par les nouveaux arrivants ayant élu domicile au Québec.

«Quel est le premier et principal outil d’intégration harmonieuse au plan économique, social et culturel au Québec? C’est la maîtrise de la langue», a-t-il fait valoir.

Le «débat exploratoire» de mercredi soir survenait dans la foulée de la controverse déclenchée par la députée libérale de Saint-Laurent Emmanuella Lambropoulos, qui a remis en doute le fait que le français recule à Montréal et au Québec. Celle-ci s’est depuis excusée et a abandonné son siège au comité parlementaire des langues officielles.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.