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Diego Maradona, icône du football et de tous les excès

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Buenos Aires | Légende du football, l’Argentin Diego Maradona est mort mercredi à 60 ans, laissant le monde du sport en deuil devant la disparition d’un des joueurs les plus doués, les plus charismatiques et les plus controversés de l’histoire.

• À lire aussi: Diego Maradona est mort à 60 ans d’une crise cardiaque

 Le « Pibe de Oro » (« gamin en or »), l’auteur de la « Main de Dieu », Diego Armando Maradona est décédé des suites d’un arrêt cardiaque en Argentine, selon son porte-parole Sebastian Sanchi. 

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L’Argentine a immédiatement décrété trois jours de deuil national dans le pays qui perd l’une de ses personnalités les plus adulées, et plongeait mercredi dans les larmes.

« Je ne peux pas le croire, c’est incroyable (...) Au final, tout le monde est mortel. Je suis en train de le digérer, j’ai l’impression que c’est un mauvais rêve », s’est ému Francisco Salaverry, un fan argentin de 28 ans interrogé par l’AFP.  

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Le champion du monde 1986 au Mexique avait subi une intervention chirurgicale pour un hématome au crâne début novembre et se remettait dans une maison de la périphérie de Buenos Aires. Depuis sa sortie, l’Argentine restait inquiète quant à la santé de son ancien international.

Son aura a en effet dépassé le cadre des passionnés de football, tant Maradona aura marqué les esprits par ses buts et ses dribbles spectaculaires comme ses excès, oscillant entre grandeur et flamboyance, et déchéance, drogue et polémiques. 

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Le souvenir des buts légendaires de ce dribbleur hors-pair au 1,65 m laissera une trace indélébile dans tous les clubs où il est passé, de Boca Juniors, son club de coeur à Buenos Aires, à Naples, où il a évolué de 1984 à 1991 au sommet de sa carrière en Europe, après un passage à Barcelone.

Une minute de silence sera respectée mercredi et jeudi dans les stades européens en Ligue des champions et en Ligue Europa pour lui rendre hommage, a annoncé l’UEFA, tandis que le stade de Naples restera allumé toute la nuit.

Main de Dieu et santé fragile

Le légendaire numéro 10 a aussi étincelé en équipe nationale, sous le maillot de l’Albiceleste. Son but de la main contre l’Angleterre en quart de finale du Mondial-1986, qu’il avait aussitôt rebaptisé « main de Dieu », restera comme l’une des images les plus mémorables de l’histoire du football, tout comme son second but, tout en dribbles et en culot, dans cette rencontre au stade Aztèque de Mexico. 

Après une finale perdue en 1990, l’histoire avec le Mondial finira mal, par une exclusion lors de l’édition 1994 après un contrôle antidopage positif. Le crépuscule sportif pour Maradona malgré plusieurs tentatives de retour.

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Moins retenus, ses passages sur les bancs des entraîneurs l’auront mené de la sélection argentine (2008-2010), au Mexique, et finalement au Gimnasia La Plata en Argentine, où il exerçait encore juste avant sa mort.

Si la planète savait la santé du « Pibe de Oro » fragile, l’annonce de son décès, avancée dans un premier temps par la presse argentine, a entraîné un déluge de tristesse et d’éloges dans le monde du ballon rond, où seul le Brésilien Pelé (80 ans) rivalise dans le classement informel des plus grands de l’histoire.

Celui-ci s’est ému sur Instagram d’une « triste nouvelle ». « J’ai perdu un grand ami et le monde a perdu une légende (...) Un jour, j’espère qu’on pourra jouer au foot ensemble au ciel », a écrit le « Roi » Pelé.

« Le plus grand »

Son compatriote Lionel Messi, autre génie argentin avec lequel il a entretenu une relation complexe, a affirmé sur Instagram que Maradona « nous laisse mais il ne s’en va pas, parce que Diego est éternel ». « Je garde en moi tous les beaux moments vécus avec lui », a écrit « La Pulga ».

Le Portugais quintuple Ballon d’Or Cristiano Ronaldo a lui dit adieu à « un génie éternel » et « un magicien inégalable », tandis que l’ex-meneur de jeu français et ancien dirigeant de l’UEFA Michel Platini a indiqué à l’AFP que « Diego Maradona restera dans le coeur des Napolitains, dans le coeur des Argentins (...) comme une étoile, et pour l’éternité ».

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L’ancien international Gary Lineker, buteur anglais lors du célèbre Angleterre-Argentine du Mondial-1986, a salué « de loin le meilleur joueur de (sa) génération et sans doute le plus grand de tous les temps ». « Après une vie bénie mais troublée, espérons qu’il trouve enfin du réconfort dans les mains de Dieu », a-t-il écrit sur Twitter. 

La Fédération argentine de football « exprime sa plus profonde douleur pour la mort de notre légende, Diego Armando Maradona. Tu seras toujours dans nos coeurs », a-t-elle réagi.

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« Merci éternel. Eternel Diego », a sobrement réagi Boca Juniors, le club argentin où le génial N.10 a séduit l’Europe, en 1981-1982, avant son départ le FC Barcelone (1982-1984) et Naples (1984-1991). « Pour toujours, ciao Diego », s’est incliné le club italien. 

« Tu nous a emmenés sur le toit du monde. Tu nous as rendus immensément heureux. Tu as été le plus grand de tous. Merci d’avoir existé, Diego. Tu vas nous manquer pendant toute notre vie », a déclaré le président de l’Argentine, Alberto Fernandez.

Diego Maradona, décédé à 60 ans, en dix dates   

  • 30 octobre 1960 | Naissance à l’hôpital de Lanus, fils de Diego Maradona et de Delma Franco, troisième de sept enfants. 
  • 20 octobre 1976 | Début en première division argentine au sein d’ Argentinos Juniors, club de Buenos Aires. Première sélection en équipe nationale en février 1977, sous les ordres de César Luis Menotti, avec une victoire (5-1) contre la Hongrie. Premier but en sélection en 1979, lors de la victoire (3-1) contre l’Écossais à Glasgow. 
  • 7 septembre 1979 | Champion du monde au Mondial juniors au Japon, victoire (3-1) en finale contre l’URSS, au côté notamment de Gabriel Calderon et Ramon Diaz. 
  • 13 juin 1982 | Après avoir rejoint Boca Juniors en 1981, il dispute son premier match de Coupe du monde en 1982 en Espagne. L’Argentine, championne du monde en titre, s’incline (1-0) lors du match d’ouverture face à la Belgique. En septembre 1982, il rejoint le FC Barcelone. Deux ans plus tard, il est transféré en Italie, à Naples, pour 8 millions de dollars (6,7 M EUR) où il est accueilli en héros. 
  • 22 juin 1986 | Auteur de deux buts de légende, dont l’un de la main (“La Main de Dieu”), lors de la victoire (2-1) contre l’Angleterre, en quart de finale du Mondial au Mexique. Victoire en finale face à l’Allemagne en finale (3-2). 
  • 8 juillet 1990 | En Italie, il perd la finale de la Coupe du monde face à l’Allemagne (1-0). 
  • 25 juin 1994 | Dernier match avec l’Argentine lors du Mondial aux États-Unis, contre le Nigeria (2-1). Contrôle positif à l’éphédrine, suspension de quinze mois. Quelques années avant, il avait déjà été contrôlé positif à la cocaïne à l’issue d’un match avec Naples contre Bari et avait écopé d’une suspension de quinze mois. Maradona annonce la fin de sa carrière de joueur en 1997. Malgré un long traitement à Cuba où il combat son addiction à la drogue, il a une première alerte cardiaque en 2004. En surpoids (121 kilos), il se fait opérer en Colombie. 
  • 4 novembre 2008 | Sélectionneur de l’Albiceleste, qualifiée pour le Mondial-2010 mais éliminée en quarts de finale par l’Allemagne. Il est limogé dans la foulée. 
  • 3 novembre 2020 | Quatre jours après son 60e anniversaire, il est opéré d’un hématome à la tête. 
  • 25 novembre 2020 | Maradona, en convalescence, meurt d’un arrêt cardiaque dans la banlieue de Buenos Aires.