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Le marché du travail américain reste vulnérable à la COVID-19

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AFP

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Les demandes d’allocations-chômage ont augmenté pour la deuxième semaine consécutive aux États-Unis, un signal que la reprise économique est quasiment à l’arrêt, affectée notamment par les nouvelles restrictions imposées face à la résurgence du Covid-19.  

Cette situation met la pression sur le Congrès pour adopter rapidement un nouveau plan de relance appelé de ses voeux par le président élu démocrate Joe Biden, des économistes et les patrons.

Les discussions entre les républicains et les démocrates sont dans l’impasse, principalement à cause du montant de l’enveloppe.

Entre le 15 et le 21 novembre, 778 000 personnes se sont inscrites au chômage, soit 30 000 de plus que la semaine précédente.

Les États-Unis comptent un peu plus de 6 millions de chômeurs, un chiffre dont la légère baisse masque le fait qu’un nombre important de personnes sorties du chiffre officiel restent sans emploi, mais ont basculé vers les programmes d’aide spécifiques face à la pandémie. 

Le nombre total de bénéficiaires du chômage ou d’une autre de ces aides a en revanche grimpé début novembre, à près de 20,5 millions de personnes.

Or ces aides prennent fin le 26 décembre, et sans action rapide du Congrès, ce sont 12 millions de chômeurs qui pourraient se retrouver sans ressources au lendemain de Noël, selon des études.

Le marché du travail semble particulièrement vulnérable à la deuxième vague de l’épidémie de COVID-19, qui est suivie d’une série de nouvelles restrictions d’activité. Les écoles publiques ont refermé leurs portes, à New York par exemple, la capitale économique du pays, contraignant les parents à ralentir eux aussi leur activité. C’est aussi un coup dur pour les restaurants, souvent forcés de fermer leurs portes plus tôt le soir.

La fête de Thanksgiving, célébrée jeudi, pourrait aggraver la situation: les Américains sont en effet nombreux à se retrouver en famille pour déguster la traditionnelle dinde, malgré les appels des autorités à ne pas se réunir.

Le week-end dernier a même été le plus chargé depuis le début de la pandémie dans les aéroports américains, qui ont accueilli plus de 3 millions de passagers.

Îlots d’espoirs

Cette recrudescence du virus a fait chuter la confiance des consommateurs américains en novembre, selon les indices mesurés par le Conference Board et l’Université du Michigan. Cela pourrait aussi entraîner une contraction du PIB, à moins d’un nouveau plan de soutien économique.

La Maison Blanche, en pleine transition entre Donald Trump et Joe Biden, a laissé carte blanche au Congrès, et les élus ont repris les discussions, mais il est difficile d’en prévoir l’issue.

Les démocrates, qui plaident depuis des mois pour arroser largement les ménages, les petites entreprises, mais aussi les collectivités locales dont les finances ont été mises à mal, pourraient accepter de signer un compromis rapide, avec des mesures ciblées, comme le veulent les républicains.

Charge ensuite à la nouvelle administration Biden d’élaborer un plan d’aide économique plus vaste, jugé essentiel et urgent par de très nombreux économistes.

Il s’agira sans doute du premier chantier de la future secrétaire au Trésor, qui devrait être Janet Yellen, selon des sources proches de l’équipe de Joe Biden. Ancienne présidente de la puissante Banque centrale (Fed), Mme Yellen est une économiste progressiste, spécialiste du chômage et ancienne présidente de la Fed.

Cette tâche s’annonce herculéenne car outre le chômage, l’expiration progressive des aides mises en place au printemps pour faire face à la pandémie, dans le cadre du gigantesque plan de relance Cares Act, a fait reculer les revenus des ménages américains en octobre par rapport à septembre. Et le taux d’épargne, qui avait atteint le niveau de 33,7% en avril, a continué à reculer, tombant à 13,6%.

En conséquence, les dépenses ont ralenti.

La promesse d’un vaccin contre la COVID-19 entretient toutefois un peu d’espoir. Des responsables américains prévoient un total de 40 millions de doses avant la fin de l’année.

Des nouvelles qui soutiennent la Bourse de New York: son indice vedette, le Dow Jones, a pour la première fois terminé mardi au-dessus du seuil symbolique des 30 000 points.

Autre point positif: les commandes de biens durables ont augmenté plus que prévu en octobre (+1,3%), largement tirées par le secteur de la défense.