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Résidents dans le Vieux-Québec: Labeaume s’en prend au ministère de la Culture

Résidents dans le Vieux-Québec: Labeaume s’en prend au ministère de la Culture
Photo Stevens Leblanc

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C’est à cause de décisions «incompréhensibles» du ministère de la Culture que la Ville de Québec n’a pas réussi à ramener 500 résidents permanents dans le Vieux-Québec, a déploré Régis Labeaume. 

C’est ce que le maire de Québec a fait savoir, mercredi en fin de matinée, en prenant la parole, lors des auditions publiques sur le projet de loi 69 sur le patrimoine culturel. 

«Nous déplorons qu’au cours des dernières années, plusieurs projets résidentiels dans le Vieux-Québec ont essuyé un refus du ministère, pour des motifs que nous ne partagions pas ou que nous ne comprenions pas. Parfois, les délais de traitement du projet ont été trop longs, dans d’autres cas, les modifications demandées lui faisaient perdre toute rentabilité», a-t-il relaté. 

D’après lui, «ces projets avaient pourtant fait l’objet de consultations publiques, ils avaient été rigoureusement analysés, discutés, bonifiés à la demande de la Ville de Québec et finalement approuvés par la CUCQ (la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec)». 

Selon les calculs du maire, neuf projets avalisés par la CUCQ, au cours des cinq dernières années, «auraient permis d'ajouter 430 logements de qualité dans le Vieux-Québec, ce qui nous aurait permis d’atteindre notre objectif d’ajouter 500 nouveaux résidents permanents nécessaires à la vitalité du Vieux-Québec». Or, «de ce nombre, seulement 189 logements verront le jour, à l’issue du processus décisionnel du ministère», a-t-il glissé. 

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a répliqué que le but de la pièce législative est d’offrir ce genre de prévisibilité. «Vous me dites qu’il semble y avoir beaucoup d’arbitraire, que c’est nébuleux et compliqué. Le projet de loi vise justement l’élaboration de critères. Ça va être écrit. Ça va être public. Ça va être clair», a-t-elle promis.  

D’après elle, «on veut donner de la prévisibilité aux promoteurs. Qu’ils sachent ce qu’ils pourront ou ne pourront pas faire. Construire une tour de 11 étages dans un site patrimonial déclaré, ça ne passe pas et ça va être écrit».   

«Garder vivant le Vieux-Québec» 

Aux yeux du maire Labeaume, il est très important «de préserver et de garder vivant le Vieux-Québec, ce remarquable legs du passé, pour nos générations futures. Il faut y attirer un nombre significatif de nouveaux résidents permanents. C’est un défi plus compliqué que s’il suffisait d’y apposer une cloche de verre». 

Partant de ce principe, la Ville dit accueillir favorablement les dispositions du projet de loi «qui encadrent la discrétion ministérielle par des critères prévisibles et qui imposent un délai de 90 jours au ministre pour rendre une décision».  

Le maire se dit également «très favorable à la nouvelle procédure permettant de demander la révision de cette décision et de la possibilité pour la personne lésée de pouvoir la contester devant le Tribunal administratif du Québec (le TAQ)».  

Dans un ordre d’idées connexe, la Ville de Québec a réclamé que le coût de réalisation de l’inventaire des immeubles patrimoniaux soit assumé par le gouvernement du Québec. Cela concerne essentiellement les bâtiments construits entre 1940 et 1950, a expliqué la vice-présidente du comité exécutif, Marie-Josée Savard.