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Route de l’Église: l’aide aux marchands était «inatteignable»

Les commerçants déçus critiquent les critères du programme de compensation

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Photo Jean-François Desgagnés Le chantier de la route de l’Église a débuté au printemps 2019 et a affecté le chiffre d’affaires de nombreux commerçants, qui avaient réclamé une aide de la Ville.

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Les commerçants de la route de l’Église, déçus, estiment que l’aide de la Ville de Québec était « un bonbon impossible à aller chercher ».

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Un seul commerçant a demandé et obtenu la subvention maximale de 30 000 $ du programme d’aide accordée par la Ville de Québec pour éponger les pertes liées au mégachantier qui s’est déroulé pendant plusieurs mois à partir de 2019. 

C’est que les exigences pour l’obtenir étaient « inatteignables », selon les marchands.

« Je suis outrée, mais je comprends » que si peu de commerçants ont demandé l’aide, a exprimé la propriétaire du Crackpot Café, Geneviève Bolduc-Duval. 

Elle-même s’est découragée, estimant que les exigences de la Ville étaient « impossibles ». On demandait, entre autres, des états financiers certifiés par un comptable agréé, un processus qui peut coûter selon elle de 5000 $ à 10 000 $. Elle a jugé que la subvention promise ne valait pas la dépense et l’énergie déployée. 

Dur psychologiquement

« C’est un bonbon impossible à aller chercher », laisse tomber Bertrand de Lépinay, du Portofino. « C’est très dur au plan psychologique pour beaucoup de personnes », dit-il. 

Parce qu’après le chantier qui a amputé leur été 2019, s’est abattue la COVID-19. Et plusieurs d’entre eux ont souffert de nouveau. « On a été doublement pénalisés », s’entendent-ils pour dire. 

Pour obtenir les subventions du gouvernement compensant les pertes liées à la COVID-19, les commerçants devaient comparer leurs résultats 2020 avec ceux de l’année 2019... qui avait été affectée lourdement par le chantier. « C’est épouvantable », qualifie Mme Bolduc-Duval. 

Christian Laliberté, de la librairie du même nom, n’a eu droit qu’à la première tranche de 5000 $. « On est passés entre les mailles du filet », explique-t-il, car son entreprise n’était pas installée depuis plus d’un an sur l’artère. 

Une situation qui révolte sa voisine du Crackpot Café. « C’est gênant. Voyons donc, ça fait combien d’années qu’il existe, Laliberté ? Et la Ville le sait ! Il n’y a aucun gros bon sens ! »

« Des peanuts »

France Anctil, propriétaire du Club Voyages Alfa, juge que l’aide de la Ville représente « des peanuts par rapport à notre manque à gagner annuel ». « Par principe », elle compte s’astreindre à faire la demande de subvention dans les prochains mois, mais elle considère que les améliorations sur la route de l’Église se sont faites sur le dos des commerçants actuels. « Les commerçants ont payé de leur poche le potentiel de la Ville de Québec de gagner plus de taxes à long terme. »