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Nathan Grant habité par un grand sentiment de fierté

Nathan Grant
Photo d'archives Nathan Grant

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Aux premières loges du développement de Karim Mané et toujours présent au sein de la garde rapprochée du meneur de jeu du Magic d’Orlando, Nathan Grant n’a pleinement réalisé l’exploit de son protégé que dans les dernières heures.

«Ça m’a vraiment frappé de plein fouet qu’il était maintenant un joueur de la NBA mardi soir quand je lui ai parlé depuis sa chambre à Orlando et qu’il m’a montré son chandail du Magic avec son numéro 4, exprime Grant, qui a pris Mané sous son aile en 2017 avec l’équipe du Québec qui a participé aux Jeux du Canada. J’étais fier de tout le chemin parcouru. Tout le crédit lui revient. C’est lui qui se lève tous les matins pour s’entraîner.»

Ignoré lors du repêchage de mercredi dernier, le garde de 6 pi 6 po des Cheetahs de Vanier s’est entendu deux jours plus tard avec le Magic comme agent libre devenant le premier joueur issu du RSEQ à faire le saut directement dans la NBA sans passer par le chemin habituel de la NCAA.

«On a toujours gardé en tête que c’était une possibilité que Karim ne soit pas repêché, souligne Grant, qui dirige le Rouge et Or de l’Université Laval depuis juin 2019. C’est la meilleure chose qui a pu arriver. Karim avait des destinations en tête avant le repêchage et Orlando était l’une d’elles. C’est une bonne place pour obtenir une vraie chance de faire des choses. Il se retrouve dans un environnement où les gens croient en lui. Pendant ses entrevues, c’est avec Orlando qu’il a ressenti les meilleures vibrations. C’est avec Orlando qu’il était le plus confortable.»

Karim Mané a signé un contrat à deux volets avec le Magic d’Orlando dans la NBA.
Photo Cégep Vanier
Karim Mané a signé un contrat à deux volets avec le Magic d’Orlando dans la NBA.

Progression fulgurante

Grant se souvient du camp de l’équipe Québec en 2017. «Karim était le 4e meilleur garde de l’équipe, raconte-t-il. Je ne voyais pas de qualités qui sortaient de l’ordinaire ou un potentiel de la NBA. Il était toutefois travaillant et à l’écoute. Comme entraîneur, tu ne peux pas demander mieux. C’est ce type d’athlète que tu recherches. C’est impossible que quelqu’un travaille plus que lui et c’est son principal attribut.»

«Après sa première année à Vanier, il a connu une progression tellement rapide et c’est à ce moment que j’ai commencé à le pousser vers l’équipe nationale, de poursuivre Grant, qui était en compagnie de Mané dans un gymnase montréalais, vendredi dernier, quand ce dernier a confirmé sur son fil Twitter qu’il avait conclu une entente avec le Magic. Au camp de l’équipe canadienne U-19, il a réalisé qu’il pouvait aller loin dans le basket et qu’il était aussi bon que les joueurs de l’Ontario. Il est devenu un athlète spécial et il a commencé à travailler encore plus fort parce qu’il ne voulait pas rater l’opportunité qui se présentait à lui.»

Produit entièrement québécois

Le parcours de Mané est à cent pour cent québécois. «Il y a beaucoup de croyances que tu dois sortir du Québec pour connaître du succès, déplore Grant. Qu’il y ait une recette secrète ailleurs, je ne crois pas à ça. Si tu as les atouts pour réussir, tu peux le faire n’importe où. Les recruteurs vont trouver le talent n’importe où. La recette est difficile parce que Karim est toujours dans le gymnase, mais elle n’est pas compliquée du tout. J’espère que les jeunes vont voir cette histoire, rester au Québec et continuer de pousser même quand ça ne va pas bien.»

Transition en douceur

Quand il a été retenu comme entraîneur-chef du Rouge et Or, Grant savait qu’il ne pourrait pas être aussi présent dans le cheminement de Mané. Il s’est alors tourné vers son grand ami Damian Buckley, qui a pris la relève sur une base quotidienne.

«Damian est la seule personne à qui j’aurais donné le feu vert pour prendre la relève, confie Grant, qui est le parrain du fils aîné de Buckley. C’est un de mes meilleurs amis et on se connaît depuis plus de 20 ans. Damian travaillait déjà avec Karim. Dès que l’annonce de mon départ a été connue, deux ou trois entraîneurs ont contacté dans les jours suivants Karim pour lui offrir leurs services.»

«De mon côté, ce fut difficile de ne plus travailler autant avec Karim, mais je suis chanceux de faire ce que je veux, de poursuivre Grant. On trouve des façons de travailler ensemble. Il est venu s’entraîner à Québec à quelques reprises. Quand le Rouge et Or joue à Montréal le vendredi, je reste sur place et on travaille ensemble le lendemain. On communique aussi beaucoup. Si j’avais eu des inquiétudes quant à son développement, je n’aurais pas postulé pour le poste avec le Rouge et Or.»