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Le problème simple à régler

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Les premiers rodenticides ont été utilisés au milieu du XXe siècle et de nombreux cris d’alarme ont immédiatement été lancés. Une réglementation accrue sur l’utilisation des rodenticides permettrait le développement de la faune et la protection de nombreux écosystèmes.  

Les rodenticides sont des pesticides visant l’élimination des rongeurs. Au Canada, on peut les acheter dans toutes les bonnes quincailleries sous forme d’appâts à placer dans des petites boîtes. Pour s’assurer de garder les rongeurs hors d’un bâtiment, on place la boîte au sol, sans avoir besoin de la fixer, et on laisse les rodenticides être mangés, théoriquement, par des rongeurs. La plupart des rodenticides sont dits anticoagulants. Ils empêchent la sécrétion de vitamine K dans le corps et amènent l’animal à avoir une mort souffrante par hémorragies internes. Il existe aussi des rodenticides non anticoagulants qui affectent les systèmes vitaux. Une victime de ce type de rodenticide deviendra de plus en plus faible et mourra en quelques jours. 

Le problème

Les rodenticides ne sont pas efficaces que pour tuer des rongeurs. Tous les animaux, même les humains, peuvent subir les effets néfastes des rodenticides. Chaque année, aux États-Unis, 10 000 enfants doivent être hospitalisés à la suite d’une consommation de rodenticides. De plus, ces pesticides ne tuent pas leur cible sur le coup: une fois qu’une dose létale est ingérée, de 3 à 10 jours s’écoulent avant la mort du consommateur. En outre, les rodenticides circulent 100 jours dans les vaisseaux sanguins avant de se faire éliminer par les reins. Ce sont 100 jours où les rodenticides peuvent s’accumuler jusqu’à l’atteinte d’une dose létale, autant pour un mulot qu’un faucon. Le problème ici est que les rodenticides se transmettent d’une proie à son prédateur lorsqu’elle se fait manger, vivante ou non. De plus en plus de rodenticides sont retrouvés dans des animaux, en particulier dans des oiseaux de proie. En fait, entre 2014 et 2018, le gouvernement californien a recensé que 75% de sa faune étaient infectés par des rodenticides. «Les rodenticides sont contre-productifs aux problèmes de rongeurs, car ils empoisonnent, blessent et tuent des prédateurs naturels qui aident à contrôler les populations de rongeurs», peut-on lire dans le projet de loi californien AB-1788. De nombreux animaux qui ne sont pas visés par les exterminateurs meurent des mains des rodenticides tous les jours. Des écosystèmes entiers sont déséquilibrés par les rodenticides et je ne pense pas avoir besoin de parler des effets qu’ils ont sur la biodiversité... Ce qui m’exaspère est notre insistance à utiliser des rodenticides, malgré le fait qu’il existe des dizaines d’options moins dommageables pour l’environnement. Enfin, comment se peut-il que la glace carbonique soit interdite à Montréal, mais pas les rodenticides? 

Une lueur d’espoir

Des voix s’élèvent, à travers le monde, pour urger les gouvernements à agir face aux rodenticides. Pour continuer avec la Californie, les rodenticides y sont interdits à moins d’être utilisés par des entrepôts pharmaceutiques ou agricoles. Cette loi est entrée en vigueur à la suite de la découverte de pumas tués par des rodenticides. Au Canada, peu de lois encadrent l’utilisation de ces pesticides. Actuellement, à Montréal, une pétition demande la tenue d’une consultation publique sur les rodenticides. Nous, Montréalais et Montréalaises, devons récolter 15 000 signatures pour y arriver.    

Julien Bourdeau, 17 ans, étudiant au cégep de Saint-Laurent, instigateur de la pétition visant la demande d’une consultation publique sur les rodenticides à Montréal.

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