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L’État québécois paie encore pour Electrolux

Il allonge cette fois 10 millions $ pour la revitalisation des terrains à L’Assomption

Une quarantaine d’entreprises vont s’établir sur le site après la décontamination des terrains, a expliqué le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau.
Photo courtoisie Une quarantaine d’entreprises vont s’établir sur le site après la décontamination des terrains, a expliqué le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau.

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Le premier ministre François Legault allonge 10 M$ dans sa circonscription de L’Assomption pour éponger la facture de décontamination et de revitalisation du site du géant suédois Electrolux, qui avait fait cadeau du terrain à la Ville, a appris Le Journal. 

« La décontamination devrait coûter moins de 5 millions $. L’aide de Québec nous permettra aussi de relancer le secteur avec une Zone Agtech, qui aura la plus grande pisciculture d’Amérique du Nord », a partagé au Journal Sébastien Nadeau, maire de la Ville de L’Assomption, dans Lanaudière, depuis 2017.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement du Québec injecte des fonds publics dans l’usine d’Electrolux. En 2003, Investissement Québec (IQ) avait versé une contribution non remboursable de 2,5 millions $.

Cinq ans plus tard, le bras financier de l’État québécois avait octroyé un autre 2 M$ à Electrolux, mais l’entreprise avait été forcée de le rembourser ensuite parce qu’elle n’avait pas respecté ses obligations de l’entente.

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La fermeture de l’usine d’Electrolux de L’Assomption remonte à 2014. 

À l’époque, plus de 1300 travailleurs avaient été licenciés au profit d’une nouvelle usine à Memphis, au Tennessee, mais les 530 travailleurs américains avaient connu le même sort que les Québécois à peine six années plus tard.

Aujourd’hui, Québec donne 10 M$ à la Ville de L’Assomption pour décontaminer et valoriser le site de l’ancienne usine d’Electrolux. « Le dossier d’Electrolux a marqué notre région et il est temps de tourner la page », a déclaré François Legault dans une déclaration obtenue par Le Journal.

Quand on demande au cabinet du premier ministre pourquoi c’est l’argent des contribuables qui servira à décontaminer le site plutôt que celui d’Electrolux, on répond qu’« on ne peut pas réécrire l’histoire ».

« Avec ce financement de 10 M$ pour la revitalisation du terrain ayant autrefois appartenu à Electrolux, nous misons sur une valeur sûre qui constitue l’une de nos plus grandes forces au Québec : le développement du secteur des technologies agricoles », a poursuivi François Legault.

Trois mille emplois, serres sur les toits, un pôle d’innovation en techno agricole de plus de 300 M$... Le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau, salive déjà à l’idée de voir une quarantaine d’entreprises s’établir sur ce site.

« Je vais avoir des taxes industrielles de 5 M$ par année plutôt que les 200 000 $ que j’aurais eus par année si Electrolux avait gardé le terrain sans le décontaminer », a-t-il conclu. 

Electrolux n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue, hier.


L’évaluation municipale du terrain de l’ancienne usine d’Electrolux est de 7 M$, mais sa valeur marchande avoisinerait les 15-20 M$, selon le maire de la Ville.