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Peine d'Alexandre Bissonnette: la communauté musulmane se dit «peinée» et «déçue» de la décision

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La décision de la Cour d’appel a « déçu » la communauté musulmane autant qu’elle a suscité de l’espoir chez la famille Bissonnette, mais la communauté juridique estime que cette décision va éventuellement forcer le gouvernement à « refaire ses devoirs ».

• À lire aussi: Tuerie de la mosquée de Québec: peine réduite à 25 ans pour Bissonnette

La communauté musulmane de Québec s’est dite « peinée » et « déçue » par la décision de la Cour d’appel du Québec de réduire de 40 à 25 ans la période de détention ferme imposée à l’auteur de l’attaque de la mosquée de Québec.

« Pas convaincus »

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, a réagi au nom de la communauté en disant que « nous ne sommes pas convaincus qu’elle [la Cour d’appel] a rendu justice à la hauteur du drame ».

Il a rappelé que les victimes de Bissonnette qui a fait 17 orphelins le soir du 27 janvier 2017 veulent « tourner la page ».

M. Benabdallah estime tout de même que la cause devrait se rendre devant la Cour suprême, « ce n’est pas le cas d’un individu, c’est un cas sociétal ».

À l’inverse, la décision de la Cour d’appel a été accueillie comme un signe d’espoir pour la famille Bissonnette.

Le père du meurtrier de 30 ans s’est dit « heureux » de la décision tout en refusant d’élaborer, estimant qu’il était trop tôt pour réagir.    

  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault à QUB radio   

 

En Cour suprême ?

Pour la communauté juridique, il est évident que le débat va se rendre devant le plus haut tribunal au pays.

La juge à la retraite Nicole Gibeault rappelle les décisions « complètement disparates » au Canada concernant les meurtres multiples.

Sauf qu’« il n’y avait pas de fondement juridique » pour le juge Huot d’imposer une peine de 40 ans, explique le professeur émérite de l’Université Laval Jacques Deslauriers.

Au même titre que la loi sur l’aide médicale à mourir, le professeur à la retraite croit que la Cour suprême va confirmer la décision rendue hier tout en demandant au Parlement « de refaire ses devoirs » et réécrire la loi sur les peines à rabais du gouvernement Harper de 2011. 

En ce sens, le criminaliste Dominic Bouchard estime que le travail du juge François Huot a été reconnu par la Cour d’appel dans sa « volonté intrinsèque d’individualiser les peines ». 

— Avec la collaboration de Nicolas Lachance