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Une chicane qui pourrait faire dérailler le REM

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Pour « une question de principe ». Voilà pourquoi le gouvernement de François Legault a décidé de se retirer du montage financier de 600 millions de dollars qui doit servir au financement de la construction de la station du REM à l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal.

Selon le bureau du premier ministre, il revient au gouvernement fédéral de Justin Trudeau de pourvoir au financement de ladite station du Réseau express métropolitain (REM) puisque l’aéroport de Montréal relève de Transports Canada et de son ministre Marc Garneau.

En annonçant la semaine dernière que son gouvernement refusait de participer au financement de la station du REM à l’aéroport, le ministre François Bonnardel a jeté un pavé dans la mare montréalaise du transport en commun.

La demande

À l’origine du REM, la Caisse de dépôt et placement avait proposé de construire elle-même ladite station de l’aéroport, un projet évalué à 150 millions $. Aéroports de Montréal (ADM) a refusé l’offre de la Caisse et a décidé d’y aller avec son propre projet de station du REM, lequel allait toutefois s’avérer nettement plus coûteux, soit 600 millions $.

Victime d’une année catastrophique où ses revenus ont dramatiquement chuté en raison de la paralysie quasi totale du transport aérien à cause de la COVID-19, Aéroports de Montréal a finalement demandé aux gouvernements Trudeau et Legault de l’aider à financer les travaux de construction de la station permettant au REM de desservir l’aéroport.

Les négociations du financement allaient bon train. Le gouvernement Legault s’apprêtait à consentir à l’aéroport un prêt de 400 millions de dollars, avec intérêt. Et le gouvernement Trudeau, lui, allait, semble-t-il, verser une subvention de 200 millions $, pour compléter le financement de la station.

Mais sans que personne ne s’y attende, Québec a fait volte-face la semaine dernière.

Une station essentielle

Reliant l’aéroport au centre-ville de Montréal, il s’agit ici de l’une des stations les plus importantes du REM, à tout le moins la plus internationale. 

À n’en pas douter, cette station est appelée à jouer un rôle essentiel, car elle permettra à l’aéroport de bénéficier d’un réseau de transports collectifs intermodal, comme c’est le cas à Toronto, Vancouver et nombre de grandes villes dans le monde. 

La chef de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a dénoncé la volte-face de Québec. 

« En se retirant du montage financier pour la construction d’une station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, le gouvernement Legault met le Québec dans une position gênante et envoie un bien mauvais signal sur le rôle central que joue l’aéroport comme moteur économique. Quel gouvernement sur la planète accepterait qu’un aéroport international, sur son territoire, ne soit pas relié à un projet de transport en commun privant ainsi sa population et les touristes internationaux ? »

Suggestion

À la décharge du gouvernement Legault, il ne faut pas perdre de vue que l’ADM (Aéroports de Montréal) est liée au gouvernement du Canada qui, selon ADM, joue activement son rôle de propriétaire-locateur.

Pour régler l’urgent problème du financement de la station REM de l’aéroport, que Justin Trudeau demande à son ministère Infrastructure Canada de s’en charger.