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Gestion de l'offre: les producteurs de volailles et d'oeufs se partageront 691 M$

Gestion de l'offre: les producteurs de volailles et d'oeufs se partageront 691 M$
Photo d'archives, Agence QMI

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Lourdement touchés par les récents accords de libre-échange, les producteurs laitiers recevront le reste de l'aide fédérale qui leur a été promise en trois ans plutôt qu'en sept. Quant aux producteurs de volailles et d’œufs, après plusieurs mois d’attente, ils connaissent maintenant le montant auquel ils auront droit.

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La ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a fait ces annonces samedi après-midi.

Entourée de représentants de l’industrie, elle a confirmé que les producteurs de lait se départageront une somme de 468 millions $ d’ici à mars 2021 afin de compenser les pertes engendrées par l'Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Europe et l’Accord Trans-Pacifique, dans lesquels le système de gestion de l'offre a été mis à mal.

Ils recevront 469 millions $ pour 2021-2022, puis un autre 468 millions $ pour 2022-2023.

Avec les précisions annoncées samedi et en comptant ce qui avait déjà été distribué l’an dernier, l’aide gouvernementale s’élèvera donc finalement à 2 milliards $, a vanté la ministre Bibeau.

Annonce bien accueillie

Les partis d’opposition, eux, se sont félicités d’avoir maintenu la pression sur la ministre de l’Agriculture dans les dernières semaines, alors qu’Ottawa tardait à dévoiler la suite de ce qui avait déjà été annoncé en août 2019.

«Il a fallu des pressions constantes des conservateurs, une motion unanime de la chambre et des questions directes cette semaine au premier ministre pour qu’enfin les libéraux livrent la marchandise et mettent fin à 13 mois de tergiversation», a réagi par communiqué le député conservateur de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold.

«Les dommages occasionnés par les brèches faites au système agricole québécois par les concessions des trois derniers accords commerciaux sont permanents et aucune compensation ne permettra de rétablir l’équilibre que l’on avait réussi à acquérir», a pour sa part souligné le député bloquiste de Berthier-Maskinongé, Yves Perron.

Évidemment, chez les producteurs laitiers, on aurait aussi préféré que les concessions dans le système de gestion de l’offre n’aient jamais lieu, mais on se satisfait quand même de cette nouvelle entente.

«Les producteurs vont pouvoir investir pour compétitionner avec ces importations qui se retrouvent déjà sur nos tablettes», a expliqué Pierre Lampron, président des Producteurs laitiers du Canada, qui était présent lors du point de presse de la ministre.

Selon cette fédération, 18 % de ce que nous produisons actuellement sera remplacé par du lait venu de l'étranger d’ici 2024.

Producteurs d’œufs et de volailles

Ils ne sont pas les seuls à souffrir des derniers traités internationaux. Les 4900 producteurs de volailles et d’œufs, qui bénéficient aussi d’un système de gestion de l’offre, réclamaient également des compensations à la suite de ces traités internationaux.

La ministre fédérale de l’Agriculture a fait savoir samedi que 691 millions allaient être mis sur la table pour eux sur un horizon de 10 ans. Cet appui financier a réjoui les différentes associations de producteurs d’œufs et de volailles, qui ont dû attendre plusieurs mois avant de connaître l’ampleur de ce montant.

«Les producteurs de lait subissent des impacts depuis plus longtemps. [...] Et bien évidemment, la COVID est venue retarder nos plans», a défendu la ministre Bibeau pour expliquer ce délai.

Elle a aussi réitéré son engagement à venir en aide aux transformateurs de produits sous gestions de l’offre, mais aucun échéancier n’a été avancé.

Promesse

D’autres annonces devraient aussi avoir lieu prochainement dans ce dossier puisqu’aucun des montants dévoilés samedi ne couvre les pertes que subiront les agriculteurs à cause de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), le nouvel ALÉNA.

Le gouvernement Trudeau a promis que ce traité, obtenu à la suite d’intenses négociations avec l’administration Trump, sera le dernier à céder des parts d’un marché sous gestion de l’offre.

«Notre engagement est ferme: aucune autre part de marché sous gestion de l’offre ne sera sacrifiée par notre gouvernement dans les accords commerciaux à venir», a insisté Marie-Claude Bibeau.