/sports/others
Navigation

Maghalie Rochette sort des sentiers battus

La Québécoise Maghalie Rochette
COURTOISIE Rob Jones La Québécoise Maghalie Rochette

Coup d'oeil sur cet article

La Québécoise Maghalie Rochette a longtemps rêvé aux Jeux olympiques, mais sa passion pour la discipline du cyclocross s'est imposée. Après avoir délaissé le vélo de montagne et suivi ses instincts, la bombe d’énergie originaire de Sainte-Adèle, dans les Laurentides, ne regrette aucunement son choix.

• À lire aussi: Catherine Raîche rêve à un poste de DG dans la NFL

• À lire aussi: Monde du sport: l’avenir est féminin

«Le cyclocross, c’est plus dynamique et ça cadre surtout mieux avec qui je suis, a résumé l’athlète de 27 ans. Pendant un certain temps, je continuais le vélo de montagne simplement parce que j’avais envie d’aller aux Jeux olympiques, mais lors des courses, je n’avais pas tellement de plaisir. Je refusais de laisser tomber mon rêve olympique. Ensuite, j’en suis venue à accepter que je pouvais avoir une carrière valable en pratiquant le sport que j’aime vraiment.»

Pour vulgariser le cyclocross, qui ne figure pas encore comme discipline olympique, Rochette parle de «courses à obstacles à vélo». Sur la piste, on peut retrouver du sable, du gazon, des escaliers et bien d’autres choses qui embêtent habituellement les cyclistes. À de nombreuses reprises pendant une épreuve, les athlètes doivent même descendre de leur vélo pour mieux le porter en courant.

Tout récemment, Rochette a été élue parmi les athlètes féminines par excellence de la Fédération québécoise des sports cyclistes pour l’année 2020. Il s’agissait d’une victoire personnelle, mais également d'un triomphe pour le cyclocross.

«C’est la première fois qu’il y avait une catégorie cyclocross dans les prix décernés par la Fédération. C’est une belle reconnaissance pour le sport», a-t-elle souligné, en fière ambassadrice.

Maghalie Rochette a été honorée par la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) à titre d’athlète féminine par excellence de l’année, en cyclocross, le 12 novembre 2020.
COURTOISIE FQSE
Maghalie Rochette a été honorée par la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) à titre d’athlète féminine par excellence de l’année, en cyclocross, le 12 novembre 2020.

Troisième au monde

Méconnue au Québec, Rochette venait pourtant au troisième rang mondial de sa discipline au classement de l’Union cycliste internationale (UCI) au terme de la dernière saison. Seules deux représentantes des Pays-Bas la devançaient, dont la jeune étoile d’origine dominicaine Ceylin Alvarado.

«Ce classement, c’est un peu comme au tennis, avec l’ATP et la WTA, a expliqué la Québécoise. Il tient compte de toutes les courses disputées dans la dernière année.»

En considérant uniquement les épreuves de la Coupe du monde, Rochette avait par ailleurs pris le sixième échelon au classement général, ce qui lui avait valu une bourse de 12 000 euros, soit environ 18 000$ CA. Ce n’est pas une fortune, mais de tels revenus lui permettent de gagner honorablement sa vie en considérant l’ajout de ses précieux commanditaires.

«Dans ce qui me rend fière, il y a le fait d’être devenue la première canadienne à gagner une épreuve de la Coupe du monde de cyclocross, a-t-elle indiqué. C’était à la première étape de la saison [en septembre 2019], à Iowa City, aux États-Unis. J’avais des larmes de joie, je me prouvais à moi-même que j’avais fait le bon choix et que mon rêve était possible.»

En motorisé

Plus d’un an plus tard, Rochette poursuit son parcours avec de nombreuses compétitions d’ici la fin de l’année sur le continent européen.

«Le cyclocross est vraiment populaire en Europe, surtout ici, en Belgique, où c’est pratiquement le sport national», a-t-elle mentionné, ayant conclu l’épreuve Superprestige de Merksplas en 11e position, le week-end dernier.

Ce dimanche, l’athlète se déplace en République tchèque pour une tranche de la Coupe du monde. Si la pandémie de COVID-19 a forcé l’annulation de plusieurs courses en Amérique du Nord, Rochette ne s’en plaint pas trop. Elle et son copain David Gagnon, qui est également son entraîneur, ont loué un «motorisé» pour quelques mois, ce qui permet plus de flexibilité dans leurs déplacements en sol européen.

Le rêve olympique a peut-être été relégué aux oubliettes par Rochette, mais l’athlète y trouve définitivement son compte en cyclocross.

Hugo Houle à l’honneur 

Sans grande surprise, c’est Hugo Houle qui a été honoré par la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) à titre d’athlète masculin de l’année, en vélo de route.

Houle a notamment brillé sur la scène internationale lors de sa participation au Tour de France, en septembre dernier.

«Ça fait toujours plaisir de recevoir un tel honneur, j’ai eu une bonne saison et je suis content que la Fédération québécoise l’ait reconnu», a commenté Houle, lorsque joint à son domicile situé dans la Principauté de Monaco.

«Je suis content de mon Tour de France, a noté le cycliste de la formation désormais connue sous le nom d’Astana-Premier Tech. En finissant septième lors de la 12e étape, je me suis prouvé à moi-même que tout était possible. Le prochain objectif, c’est de gagner une étape dans un grand tour.»

Chez les femmes, toujours en vélo de route, Karol-Ann Canuel a été récompensée à titre d’athlète d’excellence pour 2020.

«C’est une athlète accomplie, a d’ailleurs qualifié Houle, en parlant de sa compatriote qui évolue avec l’équipe néerlandaise Boels Dolmans. Ça fait plusieurs années qu’elle roule sa bosse dans une bonne équipe. Ce n’est pas facile de rester aussi longtemps. Chapeau à elle!»

Nombreux récipiendaires

Parmi les autres récipiendaires de la FQSE, il faut mentionner les noms de Lauriane Genest (piste), Marie-Claude Molnar (paracyclisme), Maghalie Rochette (cyclocross) et Magdeleine Vallières-Mill (vélo de route — relève) dans le volet féminin.

Du côté masculin, Hugo Barrette (piste), Léandre Bouchard (vélo de montagne), Mathias Guillemette (vélo de route — relève) et Jean-William Prévost (BMX) ont été honorés, entre autres.