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Conflit entre des proches de Guy Nantel et l’exécutif du PQ

Conflit entre des proches de Guy Nantel et l’exécutif du PQ
TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

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L'exécutif du Parti québécois (PQ) est la cible de critiques après avoir sanctionné vendredi, officiellement pour des manquements au code d’éthique, deux associations locales dont des responsables s'adonnent à avoir fait partie de l'équipe de Guy Nantel lors de la dernière course au leadership.

L'association de circonscription de Verdun a été mise sous tutelle, alors que celle de Marguerite-Bourgeoys, dans l'ouest de Montréal, a vu son président être démis de ses fonctions.

Ce dernier, Jean-François Racine, accuse l'exécutif d'avoir protégé une militante avec qui il était à couteaux tirés depuis plusieurs mois.

«J’ai déposé une plainte pour harcèlement en octobre dernier. Elle me traitait d’énergumène, elle disait que je ne faisais pas la job. Elle a dit que je ne m’étais pas rallié à Paul St-Pierre Plamondon, ce qui n’est pas vrai», a énuméré celui qui a été un des responsables de la mise en candidature de Guy Nantel.

Vendredi dernier, on lui a finalement fait savoir que c’est lui qui était démis de ses fonctions pour harcèlement.

Décisions coup sur coup

L’Agence QMI a mis la main sur une lettre signée de la main de la secrétaire nationale du parti, Jocelyn Caron, dans laquelle on explique à M. Racine qu’il perd son poste, entre autres à cause de son «comportement intimidant envers d’autres membres», ce que le principal intéressé nie vigoureusement.

Nous avons également pu consulter la lettre envoyée, le même jour, au président de l’association de Verdun. On y lit notamment que l’association sera administrée à partir de la permanence du PQ jusqu’à nouvel ordre, l’exécutif local ayant refusé de transférer la gestion de son compte bancaire à la présidence nationale, comme le prévoient les nouveaux statuts du parti.

«Il faut savoir qu’on est dans un contentieux comme on a payé de notre poche l’élection partielle de 2016. À l’élection de 2018, on n’a pas fait 15%, donc nos dépenses n’ont pas pu être remboursées. Avant de transférer nos avoirs, on veut donc s’assurer qu’on nous crédite 2016 pour payer 2018», a défendu celui qui était jusqu’à tout récemment président de l’Association péquiste de Verdun, André Julien.

Après 47 ans de militantisme, il ne s’explique pas pourquoi il est traité de la sorte, surtout pour une histoire qui n’est somme toute pas si importante, à son avis.

Guy Nantel

André Julien était resté neutre pendant la dernière course à la chefferie lors de laquelle Paul St-Pierre Plamondon a été élu face à Guy Nantel, qui a terminé troisième.

Par contre, plusieurs membres de l’exécutif de Verdun avaient donné leur soutien à l’humoriste de profession, à commencer par le vice-président de l’association, Julien Francoeur, qui faisait partie de la garde rapprochée du candidat Nantel.

M. Francoeur a appris, dans un message laconique vendredi, qu’il perdait les accès à la page Facebook de l’association, qui a depuis été désactivée.

Il ne veut pas faire un lien entre le traitement qu’il a subi et le fait qu’il soit un proche de Guy Nantel. Il souligne toutefois qu’il était l’un de ses derniers soutiens à être impliqué dans le parti, plusieurs ayant quitté le PQ dans les dernières semaines.

«Les deux seules circonscriptions qui ont écopé avaient une présidence en faveur de Guy Nantel. Peut-être que c’est un hasard, mais peut-être pas», a réagi pour sa part Jean-François Racine, qui pense que, peu importe la vraie raison, l’histoire de harcèlement qui a mené à son congédiement n’est qu’un prétexte.

Appelée à réagir dimanche, la permanence du Parti québécois a réitéré que les mesures adoptées vendredi pour Verdun et Marguerite-Bourgeoys étaient justifiées.