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En retard dès le départ?

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Capture d’écran, Agence QMI Le premier ministre Justin Trudeau lors du point de presse au cours duquel il a affirmé que la majorité des Canadiens devrait être vaccinée d’ici la mi-septembre, vendredi, à Ottawa.

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Justin Trudeau a-t-il une affection particulière pour les Fables de La Fontaine ?

Il a certainement tenté de nous offrir un parallèle avec « Le Lièvre et la Tortue », pour dissiper les critiques quant à l’accès du Canada au vaccin contre la COVID-19.

Incapable de préciser quand on aura accès aux premières doses de vaccin contre la COVID-19, il a offert une perspective vendredi. Ce qui compte, dit-il, c’est que la « majorité de la population » sera vaccinée d’ici la mi-septembre.

Son gouvernement, donc, se compare à l’illustre tortue face au lièvre de Jean de La Fontaine.

Dans cette logique, figurer parmi les premiers pays à lancer une campagne de vaccination dès début janvier serait moins important que de s’assurer que le Canada est le mieux outillé pour offrir la protection maximale à long terme. D’où le refrain sur le « plus vaste portefeuille de vaccins au monde » dont bénéficiera le Canada.

Vacciner serait ainsi un marathon, non un sprint. 

Des questions sans réponses

Il est certes trop tôt pour accuser le gouvernement Trudeau d’avoir manqué son rendez-vous avec l’Histoire à ce chapitre. 

Mais l’absence de réponses claires aux questions les plus simples a de quoi laisser perplexe.

Les contrats avec Pfizer et Moderna stipulent que les premières doses seront livrées combien de temps après leur approbation au Canada ?

Quelque part entre le 1er janvier et le 31 mars, martèlent les ministres.

La France, l’Espagne, l’Italie ont pu obtenir des garanties. Pourquoi pas le Canada ?

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Combien de morts ?

En moyenne, chaque semaine, 170 personnes meurent de la COVID-19 au Québec, 500 au Canada.

Attendre en mars pour les premiers vaccins voudrait dire tolérer jusqu’à 4000 morts de plus. 

Alors, qu’est-ce qui compte le plus ? Gagner le sprint pour sauver la vie des plus vulnérables ? Ou le marathon pour l’ensemble de la population ? 

Surtout, elle est où, la ligne d’arrivée ? Au mois de septembre, comme l’a affirmé Justin Trudeau ? Ou en décembre 2021, comme le prévoit le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada ? 

Peut-être que la stratégie plus lente du « portefeuille de vaccins » du gouvernement Trudeau se révélera aussi efficace que celle des autres pays occidentaux. 

On l’espère tous.

N’empêche, pour en revenir à notre fable de La Fontaine, dans cette course au vaccin, n’est-il pas essentiel de ne pas accuser un retard dès le départ ?

Après tout, « rien ne sert de courir, il faut partir à point ».