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Iran: éviter une guerre avant le départ de Trump

Donald Trump et Benjamin  Netanyahu
Photo AFP Donald Trump et Benjamin Netanyahu

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Trump et Netanyahu veulent par tous les moyens empêcher que les États-Unis rejoignent l’accord sur le nucléaire iranien signé par Obama en 2015 et dénoncé par Trump en 2018.
 

L’assassinat par le Mossad du Pr Mohsen Fakhrizadeh, au cœur des ambitions nucléaires de l’Iran pendant des décennies, est dans ce contexte un coup de maître. Il est le cinquième chercheur iranien associé au programme nucléaire du pays à être tué par Israël depuis 2010. L’Iran n’a jamais relancé son programme d’armes nucléaires. Mais en contravention aux dispositions de l’accord de 2015, le pays a recommencé à enrichir de l’uranium et à tester des centrifugeuses avancées.
 

L’ancien directeur de la CIA John Brennan a qualifié cet assassinat d’«acte criminel de terrorisme d’État» qui pourrait provoquer une «riposte meurtrière et une nouvelle vague de conflits régionaux».
 

Pour ceux qui douteraient que le meurtre porte la signature de l’État juif, voici quelques indices. Dans les heures suivant le meurtre, le premier ministre israélien Netanyahu, évoquant la «liste de choses que j'ai faites cette semaine», a ajouté, timidement: «C'est une liste partielle parce que je ne peux pas tout vous dire.» Il y a deux ans, Netanyahu avait fait une menace voilée au scientifique iranien. Debout à côté de sa photo, il a lancé, prophétique: «Mohsen Fakhrizadeh. Souvenez-vous de ce nom.»
 

Plusieurs médias israéliens rapportent que Netanyahu, accompagné du chef du Mossad, s’est rendu secrètement la semaine dernière en Arabie saoudite rencontrer le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. Les discussions ont porté sur un éventuel accord de normalisation entre les deux pays, mais, aussi, sur la coordination de leurs forces armées en cas de guerre avec Téhéran. Le premier ministre israélien n’a pas voulu démentir l’information, qui l’a été par Riyad.
 

Israël semble désireux de faire savoir au monde qu'il se prépare pour une guerre avec l'Iran. Axios a rapporté que l’armée israélienne se préparait à une éventuelle frappe américaine contre l’Iran, anticipant une «période très délicate» avant l’investiture de Joe Biden le 20 janvier.
 

Le Pentagone annonce que des bombardiers lourds B-52 ont été déployés au Moyen-Orient «pour dissuader toute agression et rassurer les partenaires et alliés américains» et que des chasseurs F-16 basés en Allemagne ont rejoint les Émirats arabes unis.
 

Parallèlement, Israël a intensifié ses attaques à l'intérieur de la Syrie contre des cibles liées à l'Iran: 19 membres d'une milice pakistanaise chiite pro-iranienne ont été tués dans une frappe aérienne.
 

Pour saboter les plans de Joe Biden, l'administration Trump, en coordination avec Israël, intensifie sa campagne de «pression maximale» sur l'Iran pour qu'il soit difficile sinon impossible de relancer l'accord sur le nucléaire iranien. Jusqu'à présent, l'Iran s’est abstenu de riposter aux provocations dans l'espoir d'éviter le conflit que Trump et les Israéliens s’efforcent de provoquer.
 

Les États-Unis s’orienteront-ils vers des relations plus rationnelles avec Téhéran au grand dam des Israéliens? Les prochaines semaines risquent d’être déterminantes à ce sujet.
 

Elliot Abrams, le représentant spécial américain pour l'Iran, a déclaré que Trump a l’intention d’annoncer des sanctions contre l'Iran chaque semaine jusqu'au 20 janvier, risquant d’entraîner le Moyen-Orient dans une tourmente guerrière. Les multiples psychoses de Trump le poussent à vouloir quitter ses fonctions avec un big bang.
 

C’est quand même extraordinaire que les Américains en soient réduits actuellement à espérer que leurs ennemis iraniens aient assez de jugement et de retenue pour ne pas répondre aux provocations de leur président dément et de son complice Netanyahu.