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Les petits Canadiens sacrifiés

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Le gouvernement Trudeau ne peut justifier plus longtemps le maintien, dans d’épouvantables conditions dans des camps de réfugiés en Syrie, de 25 enfants canadiens, dont au moins quatre Québécois.

L’histoire de ces enfants oubliés a fait l’objet d’un touchant documentaire diffusé cette année. Dans Poussières de Daech, on suit Leïla Sakhir, sœur d’un Québécois qui s’est radicalisé et a perdu la vie dans des combats aux côtés du groupe armé État islamique.  

Mme Sakhir se rend jusque dans les camps en Syrie pour y rencontrer sa nièce, alors âgée d’un an. Elle souhaite la faire rapatrier, mais apprend sur place que ce sera impossible sans l’intervention du gouvernement canadien.  

Pression sur Ottawa  

L’affaire fait l’objet d’une rare unanimité chez les parlementaires. À Ottawa, les trois partis d’opposition réclament que les enfants soient rapatriés. À Québec, une motion déposée cette semaine par les députés Catherine Fournier et Andres Fontecilla, et qui vise à accentuer la pression sur Ottawa, a été adoptée à l’unanimité. 

Afin de justifier son inaction dans le dossier, le gouvernement Trudeau invoque les risques qu’un tel rapatriement pourrait représenter pour le personnel diplomatique. Or, de nombreux pays occidentaux l’ont pourtant fait. 

« Il n’y a aucune justification possible à laisser croupir ces enfants dans cet environnement inhumain, où la maladie et la malnutrition prolifèrent », a exprimé Mme Fournier.  

Urgence d’agir  

Un an après le tournage, Me Stéphane Handfield, qui aide Mme Sakhir dans ses démarches, a fait circuler cette semaine une pétition exigeant leur rapatriement, qui a recueilli près de 1000 noms. 

L’avocat s’est insurgé à l’idée qu’il était plus facile de soulever l’indignation pour des animaux. La pétition pour sauver les cerfs de Longueuil a en effet recueilli près de 40 000 signatures en un rien de temps. C’est tristement fascinant. 

Justin Trudeau doit maintenant agir. Ces enfants sont innocents et ne peuvent être tenus responsables des gestes répréhensibles de leurs parents.