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Mur d’incompréhension, collision garantie!

remaniement ministeriel
Photos d’archives, Simon Clark Nadine Girault et Lionel Carmant, co-présidents du groupe d’action contre le racisme

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Il se passe peu de temps sans qu’on nous ramène en pleine face les accusations de racisme systémique ainsi que le refus du gouvernement Legault de reconnaître son existence.

Bien que l’enseignant Vincent Ouellette de l’école secondaire Henri-Bourassa ait été congédié pour des attitudes racistes, d’anciens étudiants considèrent que c’est encore trop peu. 

Ils allèguent l’existence d’un racisme systémique dans ce réseau scolaire et ils voudraient intenter des recours judiciaires contre le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île.

Certains politiciens se jettent aussi dans la mêlée et ne manquent aucune occasion pour piéger le gouvernement. La motion de Dominique Anglade visant l’adoption du principe de Joyce se classait dans cette catégorie en incluant une reconnaissance du racisme systémique. 

La motion fut rejetée, soulevant du coup la hargne des Attikameks.

Il aurait pourtant été simple pour la cheffe libérale de s’en tenir au principe d’accès et de qualité de soins pour tous les autochtones sans vouloir mettre en boîte le premier ministre Legault.

En renfort à nos politiciens fervents du multiculturalisme, il s’ajoute une ribambelle de chroniqueurs qui brandissent textes et études confortant leur apriorisme d’un Québec raciste systémique et qui lancent leur anathème sur leurs collègues présentant des analyses et études contraires.

Les attaques deviennent de plus en plus sournoises et fréquentes sans qu’on puisse anticiper l’émergence d’un quelconque dialogue constructif.

Le premier ministre Legault a raison de s’opposer à la reconnaissance du racisme systémique. La question est de savoir si ses remparts tiendront bon !

Sans admission

Le débat se polarise à la vitesse des prétextes soulevés pour enfoncer le racisme systémique dans la gorge des Québécois. 

L’exaspération grandit chez ceux que l’accusation blesse et ils ne sont pas tous dans la frange conservatrice. 

Les points de vue et les appréhensions des uns et des autres devraient pouvoir s’échanger avec une certaine sérénité entre acteurs de la société civile sans forcer une quelconque admission avant même d’avoir fait le tour de la question.

À quoi bon débattre sur un nom générique des années durant si cela bloque l’identification des problèmes à régler et l’inventaire des solutions à apporter pour endiguer les comportements racistes.

Le premier ministre fait le bon choix en voulant cerner les points de tension et plancher sur les moyens de les réduire. 

Ces travaux devront évidemment être documentés avec des analyses de sources différentes et avec une évaluation serrée des solutions recensées.

L’État devra résister aux tentations de se précipiter dans la mise en œuvre de solutions mal réfléchies dans le seul but de calmer la galerie. 

Plusieurs instances et mécanismes où le citoyen peut faire valoir ses récriminations existent déjà. Le premier pas est sûrement de s’assurer de leur efficacité. 

Pessimisme

Malheureusement, les appels à la reconnaissance d’un certain cadre de valeurs québécoises font long feu.

L’affrontement majeur se dessine.

Le Québec ne pourra pas s’en sortir indemne en demeurant à l’intérieur du Canada.

Que voulons-nous vraiment ?