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Une course royale

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Photo AFP Derrick Henry a gagné au moins 100 verges par la course dans trois de ses cinq derniers matchs.

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Il y a plusieurs courses âprement disputées à l’approche du dernier quart de la saison dans la NFL. L’une d’entre elles passe quelque peu sous silence, même si elle met en vedette deux porteurs de ballon qui ravivent une position dévaluée dans les dernières années. Derrick Henry et Dalvin Cook se livrent une bataille épique.

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Henry, des Titans, est le meneur à sa position avec 1079 verges au sol. Cook, des Vikings, le suit tout près, avec 1069 verges, lui qui a joué un match de moins. Dix maigres verges séparent les deux chevaux, fiers représentants d’une position sur laquelle les équipes sont de moins en moins enclines à investir.

Ce n’est quand même pas banal. Après vérification, il est arrivé seulement deux fois, depuis 2010, que la course pour le titre des porteurs se soit avérée aussi serrée à la semaine 12.

En 2013, LeSean McCoy avait été sacré champion porteur au terme de la saison. À la semaine 12, il devançait Adrian Peterson par seulement 12 verges. Deux ans plus tôt, McCoy menait aussi au même stade de la saison, par 10 verges sur Maurice Jones-Drew, qui avait finalement ravi la couronne.

Vers une première en 14 ans

S’ils maintiennent leur rythme actuel endiablé, Henry et Cook franchiront tous les deux le plateau des 1700 verges au sol au terme de la campagne. Cette situation ne s’est pas produite depuis 2006, lorsque LaDainian Tomlinson et Larry Johnson avaient chacun réalisé ce fait d’armes.

Ce même Tomlinson a d’ailleurs été le dernier à remporter la course chez les porteurs deux saisons de suite, en 2006 et 2007. L’exploit est à la portée de Henry, qui est le champion en titre à sa position après un effort colossal la saison dernière.

Henry s’est d’ailleurs imposé comme un train depuis un an. À ses 19 derniers matchs, il a gagné au moins 100 verges au sol à 13 reprises, dont six fois cet automne. Cette production est phénoménale à une époque où les offensives misent à profusion sur la passe.

Qui va l’emporter ?

Difficile de prédire qui de Henry ou de Cook coiffera l’autre au fil d’arrivée. À moins, bien sûr, que quelqu’un d’autre s’immisce dans la course. Reste que pas un autre porteur dans la ligue n’a même franchi la barre des 800 verges au sol. Comme quoi les deux meneurs sont dans une tout autre stratosphère que leurs confrères.

Malgré une blessure en octobre, Cook s’est accroché avec une production monstre de 118,8 verges par match. Il brille même derrière une ligne offensive ordinaire, comme en font foi ses 27 plaqués brisés, un sommet dans la NFL. Il a gagné 541 verges après contact. Seul Henry le devance, dans cette catégorie, avec 660 verges après une première tentative de plaqué. Les deux sont dans le même moule, même si Henry est plus physique et Cook, plus explosif.

D’ici la fin de la saison, Henry se frottera à quatre défensives qui en bavent contre le jeu au sol (Jaguars, Lions, Packers, Texans). Cook, au contraire, hérite de quelques confrontations face à des murs contre la course (Buccaneers, Bears, Saints).

Mince avantage, donc, pour le roi Henry. Les véritables gagnants sont férus d’un football d’une ère que l’on croyait révolue.

5 points à surveiller 

1. Grand ménage à Detroit

Les Lions ne jouent pas aujourd’hui, mais ils font les manchettes avec le congédiement prévisible de l’entraîneur-chef Matt Patricia et du directeur général Bob Quinn. Nous avions déjà parlé abondamment de cette possibilité dans ces pages. Les Lions s’enlisaient et semblaient de moins en moins compétitifs, un signe qui ne ment pas. Le départ de Patricia devenait une évidence. Quant à Quinn, le message que l’organisation envoie, c’est que les changements doivent être opérés en profondeur.

2. Rois des matchs serrés

On dit souvent que les meilleures équipes remportent les matchs les plus serrés et la saison en cours le démontre bien. Les Titans montrent une fiche de 7-1 dans les parties lors desquelles l’écart final est de sept points ou moins. Les Steelers (5-0), Browns (4-0), Chiefs (3-0), Saints (4-1), Bills (4-1) et Rams (3-1) s’en sortent aussi bien. Chacune de ces formations est sur la bonne voie pour se tailler une place en séries.

3. Brady-Mahomes chapitre 4

Tom Brady et Patrick Mahomes en seront à une quatrième confrontation, mais une première avec Brady dans l’uniforme des Buccaneers. Le vénérable quart-arrière a gagné deux des trois premiers affrontements. Les Chiefs ont la deuxième meilleure attaque du circuit en termes de verges gagnées par match (414,1), tandis que les Buccaneers ont la troisième meilleure défensive à ce chapitre (310,5). Les Chiefs montrent une fiche de 5-0 sur la route.

4. Murray et Newton

Le duel entre les Cardinals et les Patriots met en vedette deux quarts-arrières qui n’hésitent jamais à courir avec le ballon. Murray domine la NFL à sa position avec 10 touchés au sol cette saison. Il en a inscrit au moins un à ses cinq derniers matchs. Cam Newton le suit tout près avec neuf touchés. Murray a d’ailleurs égalé une marque qui datait de 1950, quand Johnny Lujack, des Bears, avait inscrit 10 touchés par la course à ses 10 premiers matchs de la saison.

5. Match du mardi soir

Toute une épopée que le duel à venir entre Ravens et Steelers. Les deux éternels rivaux de division devaient se retrouver jeudi, mais le duel a été déplacé à dimanche, puis à mardi soir. Le tout, en espérant contenir l’éclosion de COVID-19 chez les Ravens. Si ces derniers semblent en voie de freiner le virus, de nouveaux cas se présentent chez les Steelers. Est-ce que, finalement, le match tant attendu aura bien lieu ? À suivre...