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Un québécois chez les Patriots

Fabio S. Gagnon touche à tout avec la réputée équipe de la NFL

Fabio
Photo courtoisie, patriots de la nouvelle-angleterre Fabio S. Gagnon s’est joint à l’organisation des Patriots à la mi-octobre.

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Après des expériences comme stagiaire avec les Bills de Buffalo, les Steelers de Pittsburgh et les Rams de Los Angeles au cours des trois dernières années, Fabio S. Gagnon réalise un rêve en obtenant un poste d’entraîneur à temps plein avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Ayant perdu espoir de décrocher un poste à temps plein dans la NFL plus tôt cette année en raison des nombreux délais dans l’émission de son visa de travail reliés à la pandémie, Gagnon a finalement fait ses premiers pas avec les Patriots le 13 octobre après avoir obtenu la confirmation de son embauche à la mi-juillet.

«C’est fou d’obtenir ton premier job d’entraîneur à temps plein avec la plus grande dynastie du monde, raconte Gagnon. Plusieurs rêvent de travailler avec l’organisation des Pats et j’ai obtenu cette opportunité. Je ne sais pas où ça va me mener, mais il n’y a aucun doute que j’espère être ici longtemps. Les Patriots ont la réputation d’offrir des promotions à leur monde à l’interne.»

Contrat de deux ans

Gagnon, originaire de Québec, a paraphé une entente de deux ans. Il est impliqué passablement sur les unités spéciales, donne aussi un coup de main en défensive et remplit des tâches de recrutement principalement auprès des équipes du Pac-12.

«Je suis content de pouvoir apprendre du meilleur entraîneur de l’histoire de la NFL, déclare Gagnon en parlant de Bill Belichick. Je suis chanceux et aucunement déçu de ne pas avoir obtenu immédiatement un poste d’entraîneur de position. C’est la façon de fonctionner des Pats quand ils embauchent un jeune coach. Tous les nouveaux passent par le Pats School. Les Patriots font les choses à leur façon et c’est vraiment différent de ce que j’ai connu partout ailleurs. Je touche à tout et je suis utilisé selon les besoins de l’équipe.»

Âgé de 25 ans au moment de son embauche, il a depuis célébré son 26e anniversaire, Gagnon est-il surpris d’obtenir un poste à temps plein aussi rapidement?

«Quand je suis parti de la maison en 2014 pour aller étudier aux États-Unis, j’avais un plan en tête, souligne-t-il. J’ai bien joué mes cartes, mais je ne pensais pas obtenir un job à temps plein dans la NFL à 26 ans. C’est fou. C’est difficile à croire que j’ai un baccalauréat en économie et une maîtrise en administration du sport et que je suis maintenant à temps plein dans la NFL.

«Mon prochain gros objectif est d’obtenir un poste d’entraîneur de position, d’avoir mon propre groupe, de poursuivre l’ancien joueur du Blizzard du Séminaire Saint-François qui a délaissé la pratique du football après sa première saison collégiale pour se concentrer sur le coaching. J’espère que ça va être avec les Pats. Ça fait rêver la stabilité que l’on retrouve ici. Tu peux gravir les échelons dans l’organisation. Plusieurs employés sont ici depuis 2001.»

Souci du détail

Comment se passe le travail en compagnie de Bill Belichick?

«Je n’entrerai pas dans les détails, mais c’est business et un grand souci des détails, mentionne Gagnon. C’est aussi super tactique. Sa façon de travailler fonctionne, comme en témoignent ses six titres du Super Bowl et ses neuf participations au match ultime. Sa façon fonctionne et va toujours fonctionner tant qu’il ne sera pas à la retraite. Je suis chanceux. Je prends cette opportunité et je tente de ne pas trop y penser. Je n’ai pas affaire directement à Bill. Je fais mes choses et c’est bon signe quand tu n’entends parler de rien. J’ai eu droit à quelques journées d’orientation à mon arrivée et on sent la fierté des gens à travailler pour les Pats et la famille Kraft.»

Engagement exigeant 

Gagnon côtoie de près Steve Belichick, qui est responsable des secondeurs extérieurs et qui joue un très grand rôle en défensive même s’il ne porte pas le titre de coordonnateur. À Boston College, l’entraîneur des ailiers rapprochés Steve Shimko était le colocataire de Steve quand les deux évoluaient à Rutgers, dans la NCAA.

«Quand Steve Shimko a su que j’étais dans le processus d’entrevue pour un emploi avec les Pats, il m’a demandé si je voulais faire du football 24 heures par jour et 365 jours par année et m’a prévenu que ça prenait un très grand engagement. Je ne sais pas à quel point l’appel à son ancien coéquipier a été important, mais c’est plus facile quand tu arrives quelque part et qu’on a déjà entendu parler de toi. À Boston College, je travaillais aussi de près avec le coordonnateur des unités spéciales Matt Thurin, un grand ami de l’entraîneur des ailiers rapprochés et centres arrière des Pats, Nick Caley.»

Appel déterminant au sénateur du Massachusetts 

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Photo courtoisie, patriots de la nouvelle-angleterre

Un appel au sénateur démocrate Ed Markey, du Massachusetts, a été le dernier coup de pouce nécessaire à Fabio S. Gagnon pour obtenir un emploi d’entraîneur à temps plein dans la NFL.

Le renouvellement de son visa de travail a causé bien des soucis à Gagnon. 

«Après une entrevue qui s’est déroulée le 28 juin, entrevue qui fut la plus difficile de toute ma vie, les Patriots me confirmaient, le 27 juillet, que j’étais embauché et de ne pas m’inquiéter, qu’ils allaient trouver une façon que j’obtienne un nouveau visa, raconte le détenteur d’un baccalauréat en économie de l’Université St. Lawrence et d’une maîtrise en gestion du sport du Boston College. Le 21 août, on avait tout fait et nous n’avions pas été capables de faire avancer le dossier. Trois jours plus tard, je perdais mon emploi. Après avoir vécu la plus grande sensation de ma vie lors de mon embauche, je vivais les moments les plus difficiles moins d’un mois plus tard, de poursuivre Gagnon. J’étais à terre. J’avais obtenu mon emploi de rêve et je perdais cet emploi de rêve en raison d’un problème de visa.»

Besoin d’aide

Malgré les tentatives des Patriots, qui avaient retenu les services d’une firme d’avocats spécialisée dans les dossiers internationaux, rien ne bougeait.

«Ça ne fonctionnait pas et j’avais besoin d’aide, résume-t-il. J’ai communiqué, au début de septembre, avec le bureau du sénateur Ed Markey et j’ai pu lui parler directement. Alors que nous étions rendus à la troisième semaine du calendrier et que les Pats étaient à Seattle, le service de liaison du bureau du gouverneur m’a confirmé l’obtention de mon visa.

«J’espérais que les Patriots me voulaient encore, même si la saison était en cours, d’ajouter Gagnon. Après que j’[eus] reçu une réponse positive, les Patriots ont été frappés pratiquement au même moment par une éclosion de COVID-19 avant la partie contre les Chiefs (de Kansas City) et leur complexe a fermé ses portes. J’ai alors pensé au pire scénario, mais j’ai finalement pu commencer le 13 octobre.»

Dans les règles de l’art

Gagnon pouvait travailler comme entraîneur bénévole à Boston College, mais il ne pouvait pas occuper un emploi rémunéré.

«Je ne voulais pas travailler comme bénévole avec les Patriots et me faire payer par la suite quand mon visa aurait été réglé. Je voulais faire les choses correctement pour ne pas avoir d’ennuis avec l’Immigration plus tard.»

Rentré au Canada à la fin de mars après le camp de printemps du Boston College, Gagnon a tôt fait de réaliser que son rêve d’atteindre la NFL comme entraîneur à temps plein pourrait être retardé.

«En raison du confinement, il y a eu gel des embauches. Malgré des discussions avec cinq ou six équipes, j’avais perdu espoir de me trouver un emploi. J’ai parlé aux Pats une première fois en mai et une deuxième [fois] en juin et ils voulaient en savoir plus. Je ne savais pas où ça s’en allait.»