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La bombe à retardement de Justin

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Photo Reuters Le premier ministre Justin Trudeau a félicité du geste la ministre fédérale des Finances Chrystia Freeland, hier, aux Communes.

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La dette fédérale, laquelle correspond à l’accumulation des déficits budgétaires, va atteindre le 31 mars prochain les 1107 milliards de dollars, en hausse de 74 % depuis que Justin Trudeau est au pouvoir.

Lorsque les taux d’intérêt vont regrimper à un niveau « normal », la dette fédérale va coûter nettement plus cher à financer qu’aujourd’hui. 

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Et ce sont les générations futures qui vont devoir supporter à même leurs impôts et taxes le coût exorbitant des frais d’intérêt sur la dette fédérale.

CONSÉQUENCES DE LA COVID-19

En raison des « magistrales » mesures d’aide financière mises de l’avant par le gouvernement de Justin Trudeau pour nous aider à combattre la COVID-19, la dette fédérale va bondir de 386 milliards de dollars d’ici la fin de l’actuel exercice financier se terminant le 31 mars prochain.

Pour « apprécier » l’ampleur de cette fabuleuse augmentation de 386 milliards $ de la dette fédérale en une seule année, sachez que cette augmentation dépasse à elle seule la hausse cumulative des déficits au cours des 31 derniers budgets fédéraux, soit depuis l’année financière 1989-90.

CINQ ANS DE DÉFICIT

Depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, en octobre 2015, la dette fédérale aura grimpé de 473 milliards de dollars, soit de 87 milliards $ lors des quatre premiers exercices financiers de Bill Morneau et de 386 milliards $ sous sa remplaçante aux Finances, Chrystia Freeland.

À sa décharge, force est d’admettre que la pandémie de la COVID-19 l’a obligé à mettre de l’avant un ambitieux plan d’intervention financière et économique.

Notez que tous les premiers ministres (et/ou présidents) des pays industrialisés ont eux aussi opté pour des plans d’intervention grandement coûteux.

Maintenant, Justin Trudeau, lui, a-t-il été trop généreux avec ses multiples prestations et subventions d’urgence ? Peut-être. Chose certaine, des millions et des millions de victimes de la COVID-19 ont sans aucun doute apprécié la « générosité » du gouvernement Trudeau. 

En cette année de guerre contre la COVID-19, la Banque du Canada a donné un sérieux coup de main au gouvernement Trudeau en baissant son taux directeur à seulement 0,25 %.

Les interventions financières de la Banque du Canada ont eu pour effet de permettre au gouvernement fédéral de financer son énorme dette de 1107 milliards $ à des taux excessivement bas.

Le fédéral a ainsi effectué cette année des émissions de bons du Trésor et d’obligations (de diverses échéances) à des taux d’intérêt très faibles.

LE COÛT DE LA DETTE

Résultat : imaginez-vous qu’en dépit de la forte augmentation de la dette fédérale cette année, il en coûtera au gouvernement 4,2 G$ de moins en frais d’intérêt sur la dette que l’an dernier. 

La facture des intérêts sur la dette fédérale (surnommée : service de la dette) s’élèvera cette année à 20,2 milliards $, à comparer à 24,4 milliards $ en 2019-20.

Dans sa mise à jour d’hier, la ministre Freeland prévoit que le fédéral s’en tirera également avec une facture de frais d’intérêt de seulement 20 milliards $ lors du prochain exercice financier, lequel se bouclera avec une dette rendue à 1228 milliards $.

FORTE HAUSSE À VENIR...

Avec la solide reprise économique que l’on devrait connaître au cours des prochaines années, les taux d’intérêt vont forcément augmenter.

Selon les projections économiques et budgétaires présentées dans la mise à jour de la ministre Freeland, le taux d’intérêt sur bons du Trésor devrait atteindre 1,1 % en 2024 et 1,5 % en 2025, à comparer à seulement 0,2 % en 2021.

Pour sa part, le taux des obligations à 10 ans émises par le gouvernement fédéral atteindrait les 2,0 % en 2024 et 2,4 % en 2025. Actuellement, le taux de ces obligations n’est que 0,7 %.

Conséquences de ces hausses de taux d’intérêt sur la dette fédérale ? Les frais d’intérêt sur la dette fédérale grimperont à 30,5 milliards $ en 2024-25 et 34,3 milliards $ en 2025-26, soit respectivement 51 % et 70 % de plus que cette année.

Une vraie bombe à retardement. 

LA DETTE FÉDÉRALE