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Régis Labeaume dénonce «un fond de haine» à Québec

Inauguration d’une œuvre en hommage aux victimes de l’attentat de 2017 à la grande mosquée de Québec

Le maire Régis Labeaume en pleine conversation avec Aymen Derbali, un des blessés de l’attentat du 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec.
Photo Stevens LeBlanc Le maire Régis Labeaume en pleine conversation avec Aymen Derbali, un des blessés de l’attentat du 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec.

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Près de quatre ans après la tuerie de la grande mosquée, Régis Labeaume a fustigé « un fond de haine » qui prévaudrait encore à Québec.

• À lire aussi: Labeaume est déçu et inquiet de la hausse des crimes haineux à Québec

C’est ce que le maire de Québec a déclaré, mardi matin, en marge de l’inauguration d’une œuvre d’art visant à rendre hommage aux victimes de la tuerie de la grande mosquée de Québec.

« À Québec, il y a un fond de haine qui est entretenu. Il y a des gens qui vont chercher ce qu’il y a de plus mauvais dans l’estomac de l’humain. Et il y en a qui font de l’argent avec ça, a-t-il déploré. On appelle ça du racisme ou du gros préjugé. » 

Le maire Régis Labeaume en pleine conversation avec Aymen Derbali, un des blessés de l’attentat du 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec.
Photo Stevens Leblanc

Racisme systémique

M. Labeaume a ajouté « qu’en même temps, on est un peuple minoritaire. On est un petit peu mêlés dans nos lacets. Quand t’es minoritaire, tu as un complexe de minoritaire. En même temps, tu mêles avec ça le complotisme puis les propriétaires de radios qui font de l’argent avec ça, ça donne un magma qui s’appelle le racisme systémique ». 

De son côté, Boufeldja Benabdallah, porte-parole du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), a évoqué une « minorité agissante [qui] est toujours méchante. Si nous montrons qu’il y a autre chose de plus positif, cette minorité – tôt ou tard – va changer ».  

Le maire de la ville de Québec, Régis Labeaume (à gauche) et Boufeldja Benabdallah, représentant du Centre culturel islamique de Québec, mardi, devant le mémorial.
Photo Stevens Leblanc
Le maire de la ville de Québec, Régis Labeaume (à gauche) et Boufeldja Benabdallah, représentant du Centre culturel islamique de Québec, mardi, devant le mémorial.

Cérémonie émouvante  

Plus tôt en journée, et en présence de plusieurs proches des victimes de l’atten-tat de la grande mosquée de Québec, une cérémonie émouvante a eu lieu pour dévoiler l’œuvre d’art Vivre ensemble, conçue par l’artiste Luce Pelletier. 

Situé des deux côtés de la route de l’Église, le mémorial présente « plusieurs éléments symbolisant la rencontre entre les différentes communautés », écrit-on.

Côté ouest, près du CCIQ, dans la portion commémorative, les noms des six victimes du 29 janvier 2017 sont gravés sur trois pavés de pierre à base carrée. 

Le maire Régis Labeaume en pleine conversation avec Aymen Derbali, un des blessés de l’attentat du 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec.
Photo Stevens Leblanc

« Ces socles sont ornés de feuilles d’aluminium ajourées aux motifs inspirés des pays d’origine des victimes : Maroc, Guinée, Tunisie et Algérie », explique-t-on. 

Aussi, « côté est, au site patrimonial de la Visitation, l’aménagement est composé d’un dallage circulaire avec un motif d’inspiration fléché, rappelant les traditions québécoises ».

Le maire Régis Labeaume en pleine conversation avec Aymen Derbali, un des blessés de l’attentat du 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec.
Photo Stevens Leblanc

L’œuvre d’art a coûté 440 000 $, payés par la Ville de Québec et par les deux paliers de gouvernement supérieurs. 

« Ce mémorial est une façon d’exprimer publiquement que la haine ne gagne jamais », a insisté le maire.