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Le ministre Eric Girard est «certain que Loto-Québec a amélioré ses pratiques»

Le ministre des Finances, Eric Girard
Photo Marc-André Gagnon Le ministre des Finances, Eric Girard

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L’audit indépendant spécial sur les «allégations sérieuses» de blanchiment d’argent au casino n’est pas encore commencé que le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, est déjà «certain» que les pratiques chez Loto-Québec se sont améliorées.

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«C'est certain que Loto-Québec a amélioré ses pratiques depuis 2012», a déclaré le ministre Girard, de qui relève la société d’État. 

Comme le rapportait notre Bureau d’enquête, Loto-Québec s’est fait imposer une pénalité de près de 150 000$, en 2012, par le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), pour avoir omis de déclarer des opérations douteuses survenues au Casino de Montréal.  

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac, sur QUB radio:   

L’organisme fédéral de lutte contre le blanchiment d’argent avait à l’époque commandé «des améliorations très importantes», lesquelles auraient été apportées, a rapporté le ministre Girard, lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale. Il s’appuie sur un autre rapport produit en 2016 par le CANAFE, qu’il considère comme «très positif». 

«Il y aura un autre rapport de CANAFE en 2020», a souligné M. Girard, visiblement optimiste. 

Rassuré par la haute direction

Depuis la publication des reportages de notre Bureau d’enquête, le ministre des Finances a multiplié les échanges avec la haute direction de Loto-Québec. 

«Il y a eu plusieurs réunions cette fin de semaine, a-t-il raconté. Il y a eu une réunion du conseil d'administration hier. J'ai été en contact personnellement avec la présidente du CA, la PDG de Loto-Québec, ce week-end, à plusieurs reprises. Évidemment, ils plaident leur bonne foi.» 

M. Girard croit que l’audit externe indépendant annoncé lundi permettra de «donner des réponses» à plusieurs questions concernant le phénomène du blanchiment d’argent et du prêt usuraire. 

«Je ne suis pas satisfait [des réponses fournies par Loto-Québec], puis c'est pour ça qu'on fait un audit externe», a indiqué à ce sujet le premier ministre François Legault. 

«Ça va surtout permettre de comparer ce que Loto-Québec fait avec les autres établissements de jeu au Canada», a souligné le ministre. 

«Le blanchiment d'argent, c'est présent dans l'économie partout au Canada», a-t-il rappelé. 

M. Girard a écarté, par ailleurs, la possibilité de s’intéresser aux casinos autochtones, parce qu'ils «ne sont pas de juridiction provinciale». 

Insuffisant pour l'opposition

Insatisfaits, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale continuent de réclamer une véritable commission d’enquête. 

«Les Québécois ne veulent pas seulement voir un comptable essayer de répondre à des questions à droite et à gauche, ils veulent véritablement de la transparence et qu'on règle le problème d'impunité dans ce domaine», a déclaré lundi la cheffe libérale, Dominique Anglade. 

«Les Québécois ont vu les reportages de blanchiment d'argent sur les avantages consentis aux gens du crime organisé dans le Casino de Montréal, et ont certainement senti un profond sentiment d'injustice», a-t-elle observé. 

Québec solidaire demande un mandat d’initiative

«Loto-Québec a triché. Ils ont triché envers les régulateurs fédéraux qui demandaient des comptes puis ils se sont fait pogner», a constaté pour sa part le député de Québec solidaire Vincent Marissal, qui réclame maintenant que la commission des Finances publiques se saisisse d’un mandat d’initiative pour que Loto-Québec comparaisse à l’Assemblée nationale. 

«La situation apparaît assez importante pour que les parlementaires exercent rapidement leur pouvoir de surveillance des organismes publics», a écrit le député de Rosemont dans une lettre au président de la commission dont notre Bureau parlementaire a obtenu copie. 

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, considère pour sa part que la vérificatrice générale devrait intervenir. 

«Je suis renversé de voir le gouvernement, ce matin, nous parle d'audit avec un vérificateur externe alors que nous sommes bel et bien devant une situation où il y a de sérieuses allégations d'actes criminels», a commenté M. St-Pierre Plamondon devant la presse parlementaire.  

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