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«L’idée de faire du ski acrobatique n’est pas venue de moi» -Maxime Dufour-Lapointe

«L’idée de faire du ski acrobatique n’est pas venue de moi» -Maxime Dufour-Lapointe
Photo d'archives

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Maxime Dufour-Lapointe a connu une grande carrière sur la scène du ski acrobatique.

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En plus de s’être classée douzième aux Jeux olympiques de Sotchi (2014), elle a aussi décroché quatre médailles de bronze pendant ses 10 ans en Coupe du monde.

L’aînée des sœurs Dufour-Lapointe était l’invitée de Dave Morissette, lundi, et elle a accepté de replonger dans ses souvenirs et de raconter son inspirant parcours.

«Mon entrée dans le monde du ski acrobatique est assez loufoque, car elle n’est pas venue de moi. On faisait du ski en famille quand j’étais jeune, mais c’était surtout pour le plaisir. Mes parents avaient un couple d’amis dont l’enfant faisait du ski acrobatique et c’est la femme du couple qui est venue me dire que je devrais essayer ce sport-là. Elle croyais que je pourrais être bonne.

«Peu de temps après, j’ai vu une course et je me rappelle m’être dit que les sauts étaient impressionnants. Ça m’a donné le goût d’essayer. J’ai convaincu mes parents de m’inscrire et soudainement, on s’est retrouvés à devoir partir en compétition chaque week-end!»

«Ils étaient au courant»

Évidemment, le ski acrobatique comporte son lot de risques sur le plan physique et les parents de Maxime en étaient bien conscients. Mais plutôt que de tenter de freiner leur fille dans son élan, ils l’ont préparée en conséquence.

«Ils étaient au courant que c’était un sport dangereux. Mais dans tout ça, je crois qu’il faut surtout remercier mon père. C’est lui qui a déterminé la façon dont il fallait que j’approche mon entrée sur la scène sportive. C’est un ingénieur et il aime tout comprendre. Dès le moment où il a su que je commençais à aimer le ski, il a lu d’innombrables livres sur ce sport.

«Il a appris que les risques de blessures aux genoux étaient grands dans la pratique du ski acrobatique. Il m’a alors emmenée voir un préparateur physique pour que mon corps soit prêt et en sécurité. J’avais alors 14 ans. Pour lui, l’entraînement physique était une excellente façon de prévenir les blessures. Et je ne me suis finalement jamais blessée en skiant.»

«C’est sain de se poser la question»

Questionnée à savoir si elle avait déjà songé à abandonner le ski au cours de sa carrière, la sympathique jeune femme a répondu par l’affirmative.

«Oui, c’est arrivé quelques fois, surtout sur l’équipe canadienne. Je me demandais si j’étais mieux de retourner sur les bancs d’école, si mon choix de carrière était le bon... Mais chaque fois, je me disais que l’école pouvait attendre, que je vivais quelque chose d’unique. Je crois que c'est sain de se poser la question.

«Sauf qu'à un certain moment, j’ai senti que j’étais arrivée au bout de mon potentiel et j’ai pris la décision d’arrêter. C’était le bon moment, à mon avis.»

La discussion qui a tout changé

Voilà bientôt trois ans que Maxime Dufour-Lapointe a conclu sa carrière en ski acrobatique. La bosseuse aura comme souvenirs d’avoir pu être sur le podium d’une épreuve de la Coupe du monde avec ses deux soeurs, mais également d’avoir pu participer aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014.

Pour les athlètes amateurs, et probablement professionnelss, il s’agit-là du rêve ultime.

Toutefois, pour Dufour-Lapointe, il aura fallu une discussion chargée en émotions quelques semaines avant le grand événement pour lui permettre d’atteindre son plein potentiel.

«On a eu beaucoup de conversations et de "meetings", mais le fameux "meeting" au Japon à Inawashiro, Maxime était dans une situation difficile et on a eu une discussion qui a duré 15-20 minutes, a souligné Jean-Paul Richard, un des entraîneurs de l’athlète, lundi soir, lors de l’émission Dave Morissette en direct sur les ondes de TVA Sports. Je lui ai parlé et je lui ai dit que c’était toujours important d’avoir le choix.

«[...] À partir de là, elle a vraiment compris ça et elle a vraiment été habile pour regarder les choix qu’elle avait et de faire les bons choix. C’est ça qui l’a amené à sa qualification olympique.»

Et pour l’aînée des soeurs Dufour-Lapointe, le souvenir de cette conversation est encore bien ancrée dans sa mémoire.

«Ce n’était pas une discussion agréable; être capble de dire ce qu’on ressent, a confié l’ex-athlète, maintenant âgée de 31, qui effectue des études en médecine. Je venais encore de faire une 13e position. Je n’arrivais jamais à percer plus haut que le top 10 et j’étais tannée, j’étais fâchée. Je ne voyais pas la solution.

«[...] C’était aussi la période d’application pour la médecine, ça me trotait dans la tête. [...] De réaliser que je n’avais pas à subir rien, que c’est moi qui décidais à tous les jours de me lever, de m’entraîner et de me présenter en haut de la piste. Au final, on a toujours le contrôle de nous, de ce qu’on va faire.

«Le lendemain, j’ai skié deux secondes plus vite et on n’avait pas travaillé sur la technique. J’étais juste libre.»

Ainsi, elle avait terminé troisième et cinquième lors des deux épreuves au Japon et avait obtenu son billet pour Sotchi.

«Tout ce qu’on développe comme athlète ça reste»

À la retraite depuis 2018, Maxime Dufour-Lapointe avait bien préparé son après-carrière.

Celle qui étudie actuellement en médecine affirme avoir perdu quelque peu ses repères lorsqu’elle a quitté la compétition. Mais, les qualités acquises dans le sport lui servent aujourd’hui dans la vie de tous les jours. «Tout ce qu’on développe comme athlète ça reste. La discipline, l’organisation, la ténacité».

Depuis qu’elle est sortie du monde du sport, Maxime Dufour-Lapointe a appris à vivre avec une tout autre réalité. «Dans le sport, j’avais une équipe autour de moi, je savais vers qui me tourner en cas de problèmes. Maintenant, j’ai dû rebâtir mon équipe, mon réseau est différent. J’ai dû apprendre à développer un autre degré d’autonomie».

Maxime Dufour-Lapointe envisage avec enthousiasme sa future carrière de médecin et elle espère y transposer des qualités qu’elle a développées en ski acrobatique. «J’ai besoin d’être créative. J’aimais le ski acrobatique parce que ça me permettait de m’exprimer dans mes sauts, d’être libre, de faire vibrer le feu en dedans de moi. Mon défi maintenant est de voir de quelle manière cela va s’exprimer en médecine».

La jeune retraitée a également agi comme analyste de ski acrobatique lors de compétition présenté sur les ondes de TVA Sports. Une expérience qu’elle a adorée. «J’aime tellement ça. Je suis à ma retraite, mais j’essaie de rester impliqué dans mon sport de plein de façons.»