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L’indépendance, le français et les jeunes

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Ils étaient 400, samedi, à l’invitation du Mouvement des jeunes souverainistes, une organisation non partisane, à marcher pour le français à Montréal.

Au premier regard, leurs troupes peuvent sembler dérisoires, dans une époque où seules les manifestations massives parviennent à façonner l’actualité. La défense de notre langue ne mériterait-elle pas une mobilisation plus importante ? 

Il est pourtant possible de voir la chose autrement. On l’a beaucoup dit ces dernières semaines, la question du français a été depuis un bon moment laissée de côté. Officiellement, la situation allait bien, le français était sauvé. 

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Réjouissant

Mais on ne peut pas toujours fuir la réalité. Et la réalité frappe aujourd’hui. La situation est en train de nous échapper. Montréal s’anglicise. Laval s’anglicise. Le Québec se casse en deux, comme le notait encore récemment Régis Labeaume. 

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Devant cela, le petit noyau de jeunes militants qui se rassemblent et décident de relever la bannière piétinée de notre langue et de notre indépendance est un signe plus que réjouissant. Car un mouvement de masse n’en devient pas un du jour au lendemain. Il faut toujours des pionniers et quelques résistants pour tenir tête au discours dominant.

Ce discours, c’est l’enfermement canadien du Québec et sa condamnation à l’anglicisation. Ces jeunes militants veulent reprendre le flambeau. À la mode, ils préfèrent l’essentiel. Et ils rappellent le lien inextricable entre la cause de l’indépendance et celle du français. 

Histoire

À la hauteur de l’histoire, ce n’est pas surprenant. La cause de l’indépendance est inscrite au cœur de l’identité québécoise. Gaston Miron disait que tant que l’indépendance n’était pas faite, elle restait à faire. À chaque génération se lèvent de nouveaux militants pour nous rappeler que tant que nous ne serons pas un pays, nous serons incomplets. 

Ils étaient 400 dans la rue samedi. Il est bien possible que l’an prochain, ils soient 4000.