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Un vent de changement

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Pendant que Donald Trump rumine sa défaite, Joe Biden dévoile son équipe, qui fera une place d’honneur aux femmes et à la diversité, sans négliger l’expérience et la compétence.

Après son élection en 2016, Donald Trump improvisait largement l’organisation de son administration et le dévoilement de son équipe ressemblait à une sorte de télé-réalité.

Joe Biden, au contraire, a soigneusement planifié la sélection de son équipe et l’organisation de son administration, qui se démarquent déjà de celles de son prédécesseur.

Diversité sans précédent

De prime abord, l’équipe Biden se démarque par sa diversité ethnoraciale et la place réservée aux femmes dans des postes clés.

Des femmes occuperont les sept principaux postes de communications de la Maison-Blanche, ainsi que des postes clés pour l’économie et la sécurité nationale.

Pour la première fois, le secrétariat au Trésor sera dirigé par une femme, Janet Yellen, qui a été conseillère économique principale pour Bill Clinton et a dirigé la Réserve fédérale pendant les années Obama. La supervision des agences de renseignement sera également confiée pour la première fois à une autre femme surdouée, Avril Haines. 

La nomination d’un hispanophone, fils d’immigrants et de réfugiés, à la tête du département en charge de l’immigration signale un changement de cap après des années d’abus où des familles de réfugiés ont été séparées à la frontière et des enfants détenus dans des conditions inhumaines.

Expertise et foi en la mission de l’État

Au-delà de la diversité, le message des nominations de Biden est que l’administration de l’État est une chose sérieuse qui mérite qu’on valorise l’expérience et la compétence. 

L’administration Trump représentait la culmination d’une tendance du Parti républicain à dénigrer le service public. Trump lui-même n’avait ni expérience ni compétence en administration publique et il s’est entouré de gens qui ne croyaient pas en la mission des départements dont ils ont pris la charge.

C’était notamment le cas au secrétariat d’État, où le moral des professionnels et les capacités organisationnelles du département ont périclité pendant les années Trump, au point de compromettre la diplomatie américaine. 

Le prochain secrétaire d’État, Anthony Blinken, et la prochaine ambassadrice aux Nations Unies, Linda Thomas-Greenfield, ont une connaissance intime du département d’État et croient aux valeurs qui l’animent.

Deux tests très différents

Après quatre ans où plusieurs départements ont été saccagés ou ont vivoté sous la direction de dirigeants hostiles à leurs missions, l’engagement de gens compétents qui croient en ce qu’ils font signale un changement profond.

Selon une vieille blague, les républicains se font élire en tentant de persuader l’électorat que le gouvernement est incapable d’agir et, quand ils prennent le pouvoir, ils s’efforcent de le démontrer.

Comme les républicains ne croient pas que le gouvernement puisse jouer un rôle positif, il leur est difficile de décevoir quand ils sont au pouvoir. 

L’équipe Biden, qui arrive au pouvoir en mettant l’accent sur la compétence et l’espoir de livrer des résultats concrets, n’aura pas ce luxe. Elle est condamnée à devoir réussir.