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«Défi colossal»: l'aéroport de Québec dans le rouge jusqu’en 2024

«Défi colossal»: l'aéroport de Québec dans le rouge jusqu’en 2024
Photo d'archives

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Frappé par la pandémie, l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) chiffre ses pertes de revenus à 175 M$ d’ici 2024. Année où la direction prévoit également renouer avec la rentabilité.

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie de COVID-19

Mercredi, l’administration de YQB a dressé le bilan des derniers mois et elle a dévoilé son plan de relance pour les prochaines années, où Québec et Ottawa seront invités à investir des dizaines de millions de dollars dans différents projets, comme la construction d’un centre de fret aérien intermodal et l’aménagement d’un parc aéroportuaire.  

«Je ne cacherai pas que les derniers mois ont été très difficiles pour nous à l’aéroport. On traverse une crise sans précédent», a concédé en conférence de presse le président et chef de la direction de YQB, Stéphane Poirier.  

Seulement pour 2020, YQB prévoit encaisser un manque à gagner de 35 millions en raison des impacts de la COVID-19 sur l’industrie aérienne. L’année suivante, les pertes sont estimées à 45 millions.   

De 1,79 million de passagers en 2019, ce sont 550 000 personnes qui devraient avoir utilisé ces installations cette année. Et le plongeon devrait se poursuivre en 2021. La direction s’attend à accueillir 330 000 passagers. 

Si tout va bien, dans un scénario plutôt optimiste, YQB espère une reprise graduelle des activités aériennes vers la fin de l’année 2021. Le but fixé est de retrouver l’achalandage d’avant la pandémie, quelque part en 2024.  

«Selon nos prévisions de trafic, la crise va nous avoir enlevé 5,5 millions de passagers en cinq ans», avance M. Poirier, décrivant les prochaines années pour son organisation comme étant la «traversée du désert». 

Lourde dette

D’ici 2024, l’administration ne cache pas que les coûts fixes de l’aéroport, et ce, malgré les importantes compressions réalisées, devraient être plus élevés que les profits. La direction prévoit d’ailleurs déjà que sa dette bondisse d’environ 100 M$. 

Le hic, c’est que YQB traîne déjà un lourd poids financier avec une dette qui s’élevait en 2019 à plus de 315 millions, entre autres en raison du développement de nouvelles infrastructures au cours des dernières années. 

M. Poirier assure que la possibilité d’une faillite n’est pas envisagée. Le grand patron mentionne miser sur son plan de relance pour assurer la pérennité de l’établissement. Il ne cache toutefois pas que l’aide de Québec et d’Ottawa sera nécessaire pour réaliser ses prochains chantiers. 

«Non, il n’y a pas de risque de faillite. Le virus ne sera pas toujours présent. Je suis confiant que nos finances sont solides. Au cours des derniers mois, nous avons réinventé la compagnie de A à Z», conclut-il. 

Québec-Montréal: la bataille des avions-cargos   

Une nouvelle bataille Québec-Montréal se dessine alors que l’Aéroport de Québec souhaite rafler une partie de l’industrie du transport aérien de marchandises à la métropole afin de diversifier ses sources de revenus. 

Dans son plan de relance présenté mercredi, l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) a indiqué prévoir construire un centre de fret aérien intermodal sur son site. Un projet de 25 M$, dont 12,5 M$ devront provenir des poches du fédéral. Une aide provinciale sera aussi nécessaire. 

L’administration de YQB mentionne avoir déjà cogné à la porte d’Ottawa pour avoir un coup pouce, mais ne pas avoir eu de réponse. Une situation qui inquiète d’ailleurs le président et chef de la direction, Stéphane Poirier. 

«Ce qui me préoccupe, c’est qu’il y a beaucoup d’écoute, mais il n’y a pas d’action. On aimerait avoir une réponse du fédéral», avance-t-il. Les projets pour «Mirabel, Moncton et Winnipeg ont tous été approuvés», ajoute-t-il.

Ce dernier aimerait pouvoir démarrer les travaux pour ce chantier dès avril prochain. Il souligne qu’actuellement, «96%» des avions-cargos atterrissent à Dorval ou à Mirabel. Québec accaparerait seulement 1% de ce marché.

«On veut mettre notre plateforme cargo au service des gens de Québec. On veut donner des outils aux entreprises d’ici pour mieux compétitionner», fait valoir M. Poirier, préférant ne pas chiffrer, pour le moment, les parts de marché qu’il aimerait conquérir. 

Le plan de relance comprend également l’aménagement du centre de prédédouanement américain, qui est dans les cartons depuis plusieurs années. Bien qu’il soit toujours «crucial», ce projet estimé à 75 M$ n’est toutefois plus considéré comme une priorité «à court terme» par la direction. 

Parc aéroportuaire

Par ailleurs, afin d’améliorer sa santé financière, l’Aéroport de Québec veut aménager un parc aéroportuaire de 1,2 million de mètres carrés sur ses terrains où plusieurs entreprises pourraient s’établir.

Ce développement, dont la facture est estimée à 70 M$, se réaliserait en trois phases échelonnées sur 15 ans. La première coûterait 10 M$.

YQB avance qu’Ottawa a déjà fermé la porte à contribuer financièrement à ce projet. Il y aurait toutefois une ouverture du gouvernement de la CAQ.

Dans son plan de relance, l’aéroport souhaite aussi déployer différentes mesures pour inciter davantage les gens à partir de Québec comme des tarifs de stationnement plus avantageux. La direction se dit même ouverte à verser des incitatifs aux agences de voyages qui proposeraient des départs d’ici.

L’objectif étant d’augmenter l’achalandage sur les vols afin de rendre l’aéroport plus attrayant pour les compagnies aériennes. 

Comme autre projet, la direction souhaite consolider la desserte aérienne régionale. YQB rêve de devenir la plaque tournante de ce réseau.

Impacts de la pandémie 

  • Des déficits jusqu’en 2024 
  • De 1,79 million de passagers en 2019 à 550 000 cette année 
  • Augmentation de la dette d’environ 100 millions $ d’ici 2024 
  • Réduction de 36 % des frais fixes à l’aéroport. Cela représente des économies de 12 à 13 millions $ par année. 
  • Le tiers des travailleurs ont été remerciés. L’organisation compte présentement une centaine de salariés. 
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