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Des maires aimeraient que celui de Saint-Jérôme parte

Il a été jugé coupable en début de semaine de manœuvres électorales frauduleuses

GEN - STÉPHANE MAHER MAIRE VERDICT
Photo Martin Alarie Le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher (à gauche) et son avocat Robert Brunet à leur sortie du palais de justice lundi.

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Stéphane Maher ne devrait plus pouvoir siéger comme maire de Saint-Jérôme, estiment des confrères de villes voisines à l’issue du procès pour lequel il a été condamné pour manœuvres électorales frauduleuses.

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« J’aimerais qu’il démissionne de son poste, car je pense qu’il n’est plus possible de travailler avec [Maher] dans ce contexte », souhaite le maire de Prévost dans les Laurentides, Paul Germain. 

« [Hier] matin, j’ai envoyé une lettre à la ministre des Affaires municipales [Andrée Laforest] pour lui faire part du contexte actuel des échanges à la MRC », poursuit M. Germain en parlant de tensions avec M. Maher dans différents dossiers.

Lundi, Maher a été jugé coupable de manœuvres électorales frauduleuses. 

En plus de devoir verser une amende de 10 000 $, ce jugement le rend inéligible à siéger à un poste d’élu pour les cinq prochaines années. Toutefois, si le maire de Saint-Jérôme contestait le verdict d’ici 28 jours, avant qu’il ne soit applicable, le jugement serait suspendu, confirme la Commission municipale du Québec. 

On reproche à Maher d’avoir offert des postes de prestige à deux conseillers municipaux de son parti afin qu’ils ne se présentent pas à l’élection de 2017. Cette situation avait été dévoilée par notre Bureau d’enquête en publiant l’enregistrement d’une rencontre à l’insu du maire.  

Plus de légitimité

Sans demander la démission de Maher, le maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, estime qu’il ne devrait plus représenter Saint-Jérôme. 

« À mon avis, il n’a plus la légitimité de siéger », avance M. Lalande, dont la ville a eu son lot de conflits avec Saint-Jérôme au cours des dernières années (voir un exemple en page 13). 

Celui-ci demande à la ministre Laforest une rencontre afin de « clarifier la suite des choses » pour les prises de décisions à la MRC La Rivière-du-Nord. 

« Il faut comprendre que la Ville de Saint-Jérôme détient un droit de veto sur tout ce qui est voté à la MRC. Le poids que représente Saint-Jérôme génère une certaine incertitude » [dans le contexte du jugement], explique M. Lalande. 

Malaise

« La légitimité [de M. Maher] est questionnable. Il y a un profond malaise à la MRC. [...] Je crois que M. Maher a une réflexion à faire », soutient le préfet de la MRC La Rivière-du-Nord et maire de Saint-Hippolyte, Bruno Laroche. Du côté du cabinet de la ministre Laforest, on précise ne pas avoir reçu les demandes en question, mais que la ministre demeurera à l’écoute des élus municipaux. 

« Il est important [pour la ministre] que la population ait confiance dans ses représentants et dans les instances municipales. »   

  • En fin de journée hier, Stéphane Maher a remis sa démission en tant que chef de son parti, Vision Saint-Jérôme.