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Eau potable pour les Autochtones: Ottawa ratera sa cible de mars

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Le gouvernement Trudeau confirme qu’il n’arrivera pas, d’ici la fin mars, à remplir sa promesse phare d’enrayer tous les avis à long terme sur la qualité de l’eau dans les communautés autochtones.

Ottawa a fait savoir, mercredi, qu’il restera au moins 22 avis d’ébullition à long terme touchant 10 communautés de l’Ontario et de la Saskatchewan.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a dit en prendre la responsabilité, mais a du même souffle minimisé le fait que la cible de mars soit ratée. En point de presse, il a fait valoir que le plus important pour les Premières Nations n’est pas l’échéance «imposée par Ottawa», mais un soutien continu du fédéral au fil du temps et une viabilité de leurs infrastructures de traitement des eaux usées.

«Des communautés nous ont dit, avec raison: "Que se passera-t-il après le printemps de 2021? Allez-vous vous détourner de nous?"» a-t-il lancé.

Il a tout de même souligné l’urgence de régler le problème d’accès à de l’eau potable pour bon nombre de communautés autochtones au Canada, bien qu’aucune ne soit visée au Québec.

«Cette urgence ne change pas parce que nous reconnaissons qu’il reste du travail à faire», a-t-il plaidé. Il a pointé du doigt la mise à jour économique, qui prévoit 1,5 milliard $ en 2020-2021 pour redoubler d'efforts à ce chapitre. Plus de 2 milliards $ ont déjà été alloués depuis 2016.

En date de mercredi, 59 avis à long terme étaient toujours en place dans 41 communautés de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan, du Manitoba et de l’Ontario. C’est seulement deux de moins par rapport à février 2020.

Des fonctionnaires du ministère des Services aux Autochtones ont expliqué que la pandémie a entraîné des délais de construction et des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement. Ils ont précisé que la mise à niveau des infrastructures était déjà complexe, mentionnant les difficultés à retenir la main-d’œuvre qualifiée dans des régions isolées.

Le gouvernement Trudeau s’est tout de même félicité, mercredi, de la levée de 97 avis à long terme depuis son arrivée au pouvoir en 2015, ainsi que 171 à court terme. Au début, 105 avis à long terme étaient en place dans 67 communautés. Notons que le bilan fluctue puisque certains avis, après avoir été éliminés, doivent être remis en place face à de nouvelles défaillances dans les infrastructures.

Le chef néodémocrate Jagmeet Singh a qualifié de «trahison» l’échec du gouvernement Trudeau à respecter sa cible du printemps 2021.

«Imaginez si le ministre Miller se rendait dans sa circonscription de Montréal pour dire: "Je m’excuse, mais nous avons manqué l’échéance pour que vous ayez de l’eau potable". On ne penserait jamais que c'est approprié», a-t-il lancé.

Le conservateur Gary Vidal a de son côté soutenu que les libéraux ont perdu leur crédibilité en matière de réconciliation et que le ministère des Services aux Autochtones n'est pas capable d'innovation pour améliorer les systèmes de traitement des eaux.

Éliminer les avis sur la qualité de l’eau dans les communautés autochtones est une promesse centrale des troupes de Justin Trudeau depuis les élections de 2015. Il revient aux leaders autochtones de trancher sur la nécessité de maintenir des avis d’ébullition ou non, mais l’appui du fédéral est névralgique pour mettre fin à des décennies de sous-financement dans des infrastructures essentielles.

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