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La faim augmente en Amérique latine, 7,4% de la population touchée en 2019

La faim augmente en Amérique latine, 7,4% de la population touchée en 2019
AFP

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Plus de 47,7 millions de personnes ont souffert de la faim en 2019 en Amérique latine, soit 7,4% des 620 millions d’habitants, un constat qui devrait s’aggraver cette année en raison des conséquences de la pandémie de coronavirus, selon la FAO. 

« La situation s’est détériorée au cours des cinq dernières années, avec une augmentation de 13,2 millions de personnes souffrant de sous-alimentation », le principal indicateur utilisé par l’agence onusienne pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui a présenté mercredi son rapport annuel pour la zone à Santiago du Chili où elle possède son siège régional.

L’an passé, 191 millions de personnes ont par ailleurs été victimes d’insécurité alimentaire modérée à grave, ce qui signifie qu’une personne sur trois en Amérique latine n’a pas eu accès en 2019 à une alimentation suffisamment nutritive.

« Cette tendance à la hausse observée au cours des cinq dernières années s’inscrit dans un contexte de ralentissement et de déclin économique, d’augmentation de la pauvreté, de phénomènes climatiques extrêmes et de conflits politiques », estime la FAO.

Sur cette base, l’agence estime qu’il est peu probable que la région atteigne l’objectif « Zéro faim » qu’elle s’était fixé pour 2030, quand ce fléau devrait toucher 67 millions de personnes selon les projections.

La FAO alerte également sur l’impact qu’aura la pandémie sur l’activité économique: « une augmentation significative de la faim, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition dans les années à venir ».

Selon les estimations des Nations unies, dans la région, la pandémie entraînera une contraction de l’économie de 9,1 % et plus de 83 millions de personnes tomberont dans la pauvreté.

L’impact sera prépondérant dans les zones les plus pauvres et les plus vulnérables, avec de faibles niveaux d’éducation, une forte présence de populations indigènes et une plus grande fragilité au changement climatique, selon l’agence.

« La protection sociale est une mesure-clé pour atténuer immédiatement les impacts socio-économiques de la COVID-19, en permettant aux ménages touchés de reconstruire progressivement leurs moyens de subsistance et de renforcer leurs capacités d’inclusion économique et sociale », ajoute le document.

Le coronavirus a tué quelque 450 000 personnes en Amérique latine et infecté plus de 13 millions, selon un bilan début décembre.

En outre, le rapport met en garde contre les inégalités territoriales et la malnutrition.

La surcharge pondérale des enfants continue également d’augmenter chez les enfants de moins de cinq ans, touchant 7,5 % de la population infantile en 2019, un niveau supérieur à la moyenne mondiale (5,6 %).