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L’Impact changera-t-il de nom?

Le président, Kevin Gilmore, ne commente pas le dossier

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Photo d'archives, Ben Pelosse

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Le président de l’Impact, Kevin Gilmore, n’a pas nié mercredi que l’Impact pourrait changer de nom, mais il n’a rien confirmé non plus en se limitant à dire qu’il ne commentait pas les rumeurs.

Dans une entrevue dont l’objectif était de parler de la saison 2020 qui paraîtra vendredi, le président de l’Impact n’a donc pas commenté la nouvelle publiée par Radio-Canada mardi selon laquelle l’Impact deviendrait le Montréal FC.

Si le changement d’identité se confirme, on abandonnera donc le nom Impact (Impact de Montréal FC dans sa version complète) qui est associé au club depuis 1993. 

Une stratégie ?

Les activités de la MLS vont reprendre quelques semaines après le temps des Fêtes. C’est donc dire que si le club a l’intention de changer d’identité en 2021, le processus est enclenché depuis longtemps.

« Ils lancent un ballon d’essai dans le cadre d’une démarche stratégique pour déterminer comment le nouveau club de soccer veut se positionner sur la scène montréalaise dans les prochaines années. C’est un élément très important à prendre en considération », estime le professeur et expert en marketing sportif André Richelieu, de l’école de sciences de la gestion de l’UQAM. « Ça ne serait pas la première fois qu’une organisation laisse fuiter une rumeur comme ça pour ensuite s’ajuster », ajoute-t-il.

Délicat

« Changer de nom, c’est quand même très délicat, insiste M, Richelieu. L’Impact existe depuis plusieurs années et il y a une histoire d’associée au nom.

Quand on parle de l’Impact, les gens voient le logo et les couleurs et il y a des gens qui s’identifient très fortement à l’Impact. Changer de nom, ça peut provoquer une forme d’aliénation des partisans, surtout les plus irréductibles qui se sont attachés au nom. »

Pour l’expert en marketing sportif, la solution passe par l’implication des partisans dans le processus décisionnel.

« La meilleure façon pour l’Impact de développer davantage une relation avec les partisans et de s’ancrer dans le paysage serait d’organiser un concours.

« Ce changement de nom peut être une opportunité d’ancrer davantage le club dans la communauté montréalaise et québécoise et de développer un lien de confiance entre le club et les partisans. » 

Le produit

Mais au-delà d’un changement de nom, il faut essentiellement que les bottines suivent les babines.

« Un changement de nom et d’identité visuelle, ça doit aussi venir accompagné d’un produit sur le terrain qui soit de qualité et qui soit compétitif.

« Ce que vous vendez dans le sport, c’est de l’espoir. L’effet boomerang pourrait être que le changement vient faire oublier des performances décevantes. »

Il n’est donc pas évident de réussir un changement de positionnement.

Dans la MLS, on peut penser à Kansas City qui y est parvenu. Après les Wizards de 1996 à 2010, l’équipe est devenue le Sporting en emménageant dans un nouveau stade et a depuis remporté la Coupe MLS (2013), trois championnats de la saison régulière (2012, 2015, 2017) et n’a raté les séries qu’une seule fois (2019).

Investissement

Pour André Richelieu, l’investissement doit être concret sur le terrain pour refléter la volonté de changement.

« Il faut que ça s’inscrive dans une volonté concrète de transformer le produit et dans une volonté affirmée d’être une équipe de pointe dans la MLS. »

Il est aussi important de prendre sa place dans l’histoire du soccer à Montréal.

« Si je parlais à M. [Joey] Saputo de manière cordiale et sans lui faire la morale, je lui suggérerais d’ancrer cela dans l’histoire du développement du soccer à Montréal pour marquer que même si c’est un nouveau départ, il y a une histoire dont est porteur ce nouveau club. »

Plusieurs partisans ont déjà fait savoir leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Le sujet est polarisant, mais ils sont aussi nombreux à approuver un changement d’identité.