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Ouverture des jeux d’évasion: une décision incohérente qui alimente la méfiance, selon l'opposition

Ouverture des jeux d’évasion: une décision incohérente qui alimente la méfiance, selon l'opposition
Photo d'archives

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Alors que les musées et les salles à manger des restaurants sont fermés et que le sport organisé est interdit, le feu vert du Dr Horacio Arruda aux jeux d’évasion est totalement incohérent, estime l’opposition.

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«Pourquoi est-ce qu'on ouvre les jeux d'évasion, mais on ferme les musées? Quand les gens voient ce genre d'incohérence, ça alimente la méfiance puis ça fait naître des questions dans l'esprit des gens. Il faut plus de cohérence dans les directives de la Santé publique», a tonné mercredi le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.   

Au plus fort de la seconde vague de l’épidémie, le directeur national de santé publique vient de permettre les jeux d’évasion, ce qui cause un malaise, même dans les rangs de cette jeune industrie du divertissement.  

Au début octobre, les centres qui offrent ces «escape rooms» dans les régions en alerte maximale avaient pourtant fermé leurs portes, comme les arcades et les parcs d’attractions. Mais le Dr Arruda a changé son fusil d’épaule.  

«Après analyse, nous vous informons que les jeux d’évasion sont considérés comme des centres d’amusement intérieur. Ce type d’activité n’est pas interdit», a-t-il fait valoir, dans une lettre transmise à l’Association des jeux d’évasion du Québec le 23 novembre.  

De plus en plus répandus au Québec, ces jeux immersifs consistent généralement à sortir d’un lieu fermé en trouvant des indices et en résolvant des énigmes.   

Au Parti québécois, on ne comprend tout simplement pas cette décision du Dr Arruda.   

«En temps de COVID, c'est complètement inexplicable. Est-ce qu'il avait vraiment un lobby si fort que ça pour rouvrir les jeux d'évasion pendant qu'on n'a pas de sport d'organisé pour nos enfants, pendant que les musées sont fermés?» signale le chef Paul St-Pierre Plamondon.   

Ce dernier réclame de la transparence sur le raisonnement scientifique qui a conduit la Santé publique à permettre aux centres de jeux d’évasion de rouvrir leurs portes.  

Les sports collectifs doivent être permis 

De son côté, le débuté libéral et porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vie, Enrico Ciccone, peine à comprendre l’incohérence qui se dégage de cette décision.   

Puisque les jeux d’évasion sont désormais permis, le député de Marquette aimerait que la Santé publique revoie ses positions concernant l’interdiction de la pratique des sports collectifs et explique davantage ses décisions au public.   

 «On a évalué le pour et le contre pour garder les écoles ouvertes. On savait qu’il y aurait des cas [...]. Et on a jugé qu’il y avait plus de bénéfices à les laisser ouvertes. Je demande de faire le même exercice pour le sport, qui est essentiel, et l’OMS dit qu’il faut bouger. De plus, ça prend plus d’explications pour les citoyens», a lancé l’ancien hockeyeur professionnel.   

Avis contraire de la Santé publique de Montréal

Le président de l’Association des jeux d’évasion du Québec, Emmanuel de Gouvello, signale que ses membres n’ont jamais rien demandé au gouvernement, si ce n’est l’heure juste sur leur situation. «On a juste demandé, est-ce qu’on a le droit d’ouvrir ou pas», insiste-t-il, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.  

M. de Gouvello précise que la Santé publique de Montréal lui a très clairement signifié que les centres offrant des jeux immersifs devaient fermer leurs portes dans les régions en alerte maximale.  

«Les jeux d’évasion sont considérés dans la catégorie loisirs, ce qui fait que ceci n’est pas permis en zone rouge», peut-on lire dans un courriel du CIUSSS du Centre-sud-de-l’île-de-Montréal daté du 2 octobre.  

La précision du Dr Arruda reçue la semaine dernière, alors que les centres sont fermés depuis près de deux mois, fut toute une surprise.  

«Je me suis dit, c’est quoi le truc? Ça fait des mois qu’ils disent à tout le monde ne sortez pas, n’allez pas vous amuser, n’allez pas vous divertir, on ferme les théâtres, on ferme les cinémas, on ferme tout et là d’un seul coup, alors que nous on a fermé de bonne foi parce que la Santé publique de Montréal nous dit qu’il faut fermer, ils nous disent qu’on n’avait pas besoin de fermer!» 

Emmanuel de Gouvello craint que les propriétaires de centres de jeux d’évasion n’aient plus droit à certaines subventions gouvernementales puisque la Santé publique a finalement statué qu’ils n’étaient pas visés par le décret de fermeture des commerces en zone rouge.  

– Avec la collaboration de Roby St-Gelais

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