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François Legault doit mettre son ministre des Forêts au pas, dit QS

Richard Desjardins a raison de s’inquiéter, selon les partis d’opposition

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour
Photo d'archives Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour

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Le premier ministre doit mettre au pas son ministre des Forêts, Pierre Dufour, qui « exerce son droit de veto » pour bloquer la création d’aires protégées, exige Québec solidaire. Le gouvernement Legault a promis de créer des dizaines de milliers de kilomètres carrés de territoire.

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«Le cri d’alarme de Richard Desjardins s’ajoute à celui des groupes écologistes. Ils dénoncent le fait que le ministre Dufour nuit aux aires protégées et à l’atteinte de nos cibles. La situation est vraiment inquiétante», déplore la députée de QS Ruba Ghazal. 

«C’est honteux. Il y a des aires protégées qui sont prêtes. Les citoyens, tout le monde est d’accord, ça fait longtemps, et, lui, il exerce son droit de veto», ajoute-t-elle. 

Mercredi, dans les pages du Journal, le poète et chanteur Richard Desjardins a mis au défi le premier ministre François Legault de créer de véritables aires protégées. Le temps presse pour respecter l’engagement de protection de 17 % du territoire québécois : il ne reste que 28 jours pour que le Québec préserve plus de 100 000 km2 de son territoire. 

M. Desjardins soutient que le ministère de l’Environnement a perdu son combat contre celui des Forêts, et que M. Legault doit maintenant sauter dans la mêlée. Sa lettre ouverte a fait des vagues. Pour Ruba Ghazal, il est clair que le ministre Pierre Dufour ne veut pas «protéger les forêts», mais plutôt «protéger les industries forestières». 

Pas confiance

«Je veux aussi ajouter cet appel que lance M. Desjardins à M. Legault, à lui dire de mettre au pas son ministre pour qu’il arrête de nuire à l’atteinte des objectifs d’aires protégées au Québec», a-t-elle dit.

Les autres partis d’opposition ont également demandé au gouvernement de bouger plus rapidement, mais ils ne croient plus qu’il soit possible d’atteindre les cibles internationales en moins de 30 jours.

«Je n’ai absolument pas confiance au gouvernement de la CAQ en matière d’environnement», a dit le chef péquiste Paul Saint-Pierre Plamondon. «Ce qu’on voit, c’est que le ministère de l’Environnement a fait ses recommandations depuis longtemps [...] mais le gouvernement n’est jamais en maîtrise de ses dossiers et il est toujours en rattrapage. Visiblement, le gouvernement n’a pas fait le travail», a-t-il déploré.

Bilan libéral critiqué

Le libéral Carlos Leitao n’y croit pas non plus. Il se dit en accord avec Richard Desjardins sur la faiblesse du ministère de l’Environnement. «Je ne pense pas qu’il soit assez influent dans l’organigramme gouvernemental», a-t-il dit. Et il croit que les enjeux environnementaux sont bien loin sur la liste de priorité de la CAQ.

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a répliqué en attaquant le bilan libéral. «Ils n’ont pas su rencontrer un seul des objectifs qu’ils avaient établis [...] il en va de même pour les aires protégées», a-t-il dénoncé sur les médias sociaux.

Rappelons que sous le gouvernement Couillard, la création d’aires protégées a fait du surplace, et que le Québec a raté son objectif de protection de 12 % du territoire en 2015. «Ne vous inquiétez pas, nous ne ferons pas comme vous, nous avancerons concrètement», a-t-il écrit. Le bureau de M. Charette a toutefois décliné les demandes d’entrevue du Journal, tout comme le bureau du ministre des Forêts Pierre Dufour. 

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