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Quand on s’éloigne du gros bon sens

Quand on s’éloigne du gros bon sens

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Est-ce devenu quétaine de parler de gros bon sens dans l’administration d’un gouvernement ? Je ne pense pas. Je crois encore qu’il existe certains principes sains de gestion que nous appliquons dans nos vies et dont le gouvernement Trudeau a une tentation naturelle à s’éloigner.

Le déficit annoncé lundi est énorme. Ce n’est pas parce que nous l’avions vu venir que c’est moins grave. Et l’année n’est pas finie. Les 381 milliards $ de déficit se transformeront probablement en 400 une fois tout compté. 

La une du Journal d’hier illustrait explicitement à quel point nous avons du mal à imaginer les traces terribles que laisseront ces emprunts sur les prochaines générations. Les taux d’intérêt ne resteront pas toujours aussi bas. Les intérêts à eux seuls vont peser lourd sur les taxes futures de nos enfants. Je n’ose même pas parler de rembourser le capital...

Bar ouvert

Bien sûr que la pandémie devait engendrer un important déficit. N’importe quel gouvernement au pouvoir en 2020 aurait dû emprunter. Attention ! Cela ne veut pas dire faire n’importe quel déficit. 

Entre mars et juillet, le gouvernement Trudeau est passé d’un mode « aide d’urgence absolument nécessaire » à un mode « bar ouvert absolument incontrôlé ». Mon analyse des exagérations de dépenses, c’est qu’une administration prudente et diligente aurait pu éviter entre 50 et 100 milliards $ de ce déficit mammouth.

Simplement en recourant au gros bon sens. L’Institut Fraser a révélé que 22 milliards $ d’aide ont été versés à des gens à haut revenu. Puis nous avons appris que d’autres milliards ont été versés à des gens qui n’avaient pas fait de déclarations de revenus l’année précédente.

Des milliards ont été versés cet été à des étudiants qui auraient pu travailler. Mais ça ne valait plus la peine de travailler lorsqu’on profitait de la PCU-étudiants. Des aînés ont reçu des chèques non imposables, alors que la pandémie avait réduit leurs dépenses. 

Des parents ont reçu et recevront encore des allocations bonifiées, même si, pour plusieurs, la pandémie a réduit leurs dépenses.

Dépenses accrues ?

Sujet tabou ici : la pandémie nous affecte, nous gâche la vie, nous prive de nos activités chéries. Mais c’est faux de prétendre que la pandémie représente des dépenses supplémentaires pour tout le monde. Pas de sorties, pas de restaurants, pas de voyages, des activités annulées pour les enfants et les adultes : bien des ménages font des économies.

Qu’on aide ceux qui perdent leur emploi ou les entrepreneurs qui perdent leur source de revenus, je comprends. Mais lancer de l’argent à ceux qui n’ont pas perdu leurs revenus vise à gagner des votes et non à compenser ces supposées « dépenses liées à la pandémie ».

Voici donc quelques exemples d’administration publique contraire au gros bon sens :

– Emprunter de l’argent pour le donner à des gens qui ne sont pas dans le besoin ;

– Décourager les gens de travailler en leur donnant des sommes trop faciles ;

– Distribuer l’argent sans un minimum de vérifications.

Justin Trudeau faisait des déficits lorsque l’économie allait bien, mais il se retenait. On a l’impression que la pandémie lui a fourni le prétexte pour faire sauter la banque.