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Centres commerciaux: casse-tête pour les commerçants

«Demeurer ouvert dans le contexte actuel est un privilège», dit le Conseil québécois du commerce de détail

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C’est le branle-bas de combat pour les détaillants et les centres commerciaux au lendemain de l’adoption d’un nouveau train de mesures qui resserre les règles sanitaires à partir de demain.

• À lire aussi: Les nouvelles règles du magasinage des Fêtes

« Les délais sont courts, mais nous mettons tout en œuvre pour parvenir à respecter les nouvelles règles mises en place, confiait hier la porte-parole d’Ivanhoe Cambridge, Katherine Roux Groleau. La santé et la sécurité de tous est notre priorité. Avec la collaboration de chacun, nous pourrons y arriver. »   

  • Écoutez l'entrevue de Stéphane Drouin avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Hier, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé l’application de nouvelles règles ayant pour effets de limiter le nombre de clients et de transférer aux commerçants (et centres commerciaux) la responsabilité du respect de ces règles par la clientèle.

« À partir de vendredi, si un magasin n’a pas fixé sa capacité maximum de clients dans le magasin et ne l’affiche pas très, très ostensiblement à l’entrée de son magasin, il sera en contravention et s’exposera à des amendes », a annoncé Mme Guilbault.

Québec impose désormais une limite d’un seul client par 20 mètres carrés de superficie commerciale. C’est l’équivalent de 4,6 clients pour une boutique de 1000 pi2. Une mesure qui pourrait vite se transformer en casse-tête pour les établissements comptant de multiples entrées et sorties.

Les détaillants et centres commerciaux se voient aussi confier la responsabilité de faire appliquer les règles. Cette responsabilité s’étendra à l’extérieur des commerces, lorsque leurs clients seront tenus d’y former une file d’attente.

Les récalcitrants s’exposent à des constats de 1000 $ à 6000 $ et même à leur fermeture. 

« Des constats pourront aussi être donnés à des clients qui refuseraient, par exemple, de porter un couvre-visage ou de respecter les règles de distanciation. »     

  • Écoutez l’experte en santé publique Roxane Borgès Da Silva sur le magasinage des Fêtes et le vaccin à QUB radio:   

 

« Un privilège »

Toutes ces mesures pourraient décourager la clientèle et nuire aux ventes des détaillants, reconnaît le DG du Conseil québécois du commerce de détail, Stéphane Drouin. 

« Mais lorsqu’on se compare à Toronto [où tous les commerces sont fermés], on ne peut que se consoler, dit-il. Demeurer ouvert dans le contexte actuel est un privilège. »

Tous les gestionnaires de centres consultés se sont engagés à se conformer aux nouvelles mesures. C’est le cas de Cominar, Trudel Alliance et Ivanhoe Cambridge. Cette dernière prévoit en outre condamner certains accès afin de mieux contrôler l’achalandage de ses établissements.

Pour l’heure, aucune aide particulière n’est prévue pour soutenir les détaillants. Par contre, a dit la ministre, les services de police et les inspecteurs de la CNESST pourraient intensifier leur présence afin d’aider et de voir au respect des règles. 

– Avec Francis Halin, Jean-Michel Genois Gagnon, Diane Tremblay et Patrick Bellerose

Commerçants et clients résignés face aux mesures   

C’est avec une combinaison de résignation et d’impuissance que détaillants et clients ont accueilli les nouvelles mesures de resserrement sanitaires annoncées hier par Québec afin de réduire les risques de nouvelle explosion des cas d’infection.

« On prépare les affiches. On va faire face à la musique. On sait que c’est un dur moment, mais que c’est un coup à donner », a réagi le propriétaire de la boutique TPM Hobby & Collection, Jean-Pierre Samson, à la Place Fleur de Lys, à Québec. 

Même sentiment d’impuissance à Saint-Bruno, près de Montréal. 

« Le pire, c’est que nos clients ne viennent plus dans les boutiques pendant les Fêtes, ça serait catastrophique pour nous », a réagi la propriétaire de la boutique Markina, Marie-Anick Le Bon. 

Dave Doyon, copropriétaire des boutiques Imaginaire, à Trois-Rivières et à Sherbrooke. On le voit ici à sa boutique des Promenades Saint-Bruno, hier.
Photo Francis Halin
Dave Doyon, copropriétaire des boutiques Imaginaire, à Trois-Rivières et à Sherbrooke. On le voit ici à sa boutique des Promenades Saint-Bruno, hier.

Dave Doyon, copropriétaire des boutiques Imaginaire, se montrait quant à lui plutôt satisfait. 

« Que ça soit clair, écrit et partout pareil, je vois ça d’un bon œil. Maintenant, on a des consignes claires ! »

Des clients rassurés

Pour leur part, les clients semblaient rassurés. C’est le cas de France Goyer, rencontrée devant une boutique Nespresso. 

« Ça me rassure. Je me dépêche de faire mon magasinage maintenant avant que ça devienne la folie. »

« Il y en a toujours qui ne veulent pas comprendre. Le gouvernement sait ce qu’il fait. Si ça permet d’arriver jusqu’au vaccin, ça vaut la peine », ont soutenu Mélanie Hamel et Davis Nguyen, à la Place Fleur de Lys.   

À l’opposé, Patrick Parent de Québec, est en désaccord total avec le resserrement. 

« On ne vivra plus. Je trouve ça plate. [...] Je trouve ça dommage et inquiétant pour l’avenir du Québec. Ça fait longtemps que ça dure. Je ne veux plus en entendre parler. Je n’écoute même plus les nouvelles. »

– Avec Francis Halin et Diane Tremblay

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