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Un trio louche sous la loupe de l’AMF

L’organisme émet une mise en garde contre BE Factor

Les trois frères derrière BE Factor, dont le siège social est à Dubaï, aux Émirats arabes unis
Photo courtoisie, befactor.com Les trois frères derrière BE Factor, dont le siège social est à Dubaï, aux Émirats arabes unis

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Une entreprise reconnue pour ses techniques de vente pyramidale et dont le siège social est à Dubaï, aux Émirats arabes unis, fait la promotion de ses produits et services au Québec, ce qui inquiète l’Autorité des marchés financiers (AMF). 

« BE Factor est arrivée sur notre radar principalement grâce à notre travail de cybersurveillance », explique Sylvain Théberge, porte-parole de l’AMF, qui a publié une mise en garde contre l’entreprise, hier. 

Mieux connue sous le nom de MELiUS, l’entreprise a été relancée en juin dernier avec un nouveau nom et une nouvelle image de marque. Elle tente d’attirer principalement des jeunes à l’aide de vidéos publiées sur les réseaux sociaux. 

Pour un montant qui va de 600 $ à 3000 $, elle offre en ligne des formations « produites par des experts » au sujet de la cryptomonnaie et du marché des devises. Pour diminuer ces frais d’entrée, les abonnés sont invités à recruter deux nouvelles personnes, et ainsi de suite. 

Ces formations ne sont reconnues par aucune institution. Évidemment, BE promet à ses recrues de mirobolants revenus en peu de temps. La mise en garde a été publiée hier, car l’AMF a maintenant assez de preuves pour conclure que les activités de BE Factor sont en contravention de la loi québécoise. 

S’il est difficile de savoir combien de Québécois ont perdu de l’argent avec BE, « nous savons que certains se plaignent que, contrairement aux représentations et à la sollicitation effectuée, ils ne font pas d’argent et semblent avoir payé des forfaits “dans le vide” ». 

Trois frères à Dubaï

Cette entreprise est la création de trois frères originaires de Londres et qui sont maintenant établis à Dubaï : Moyn, Monir et Eshassn Islam.

Moyn et Monir Islam ont aussi participé en 2017 à OneCoin, une prétendue cryptomonnaie dans laquelle ils se vantaient d’avoir convaincu 26 000 investisseurs d’embarquer, avant de quitter le navire. Une des têtes dirigeantes de OneCoin, Konstantin Ignatov, est accusée aux États-Unis pour une fraude à la Ponzi de plusieurs milliards dans cette affaire. L’autre, sa sœur Ruja Ignatova, est en cavale. 

Au Québec, MELiUS, l’ancêtre de BE, est aussi connue de l’Office de la protection du consommateur, qui a reçu trois plaintes à son égard, confirme le porte-parole Charles Tanguay. Elles concernaient toutes des « attrapes à distance par internet ». 

Leur stratagème 

  • Faire miroiter d’importants profits réalisés rapidement
  • Les clients doivent payer un montant fixe et un frais mensuel
  • Offrent de « copier » les placements de prétendus experts
  • Offrent une commission pour le recrutement d’autres membres