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WSP prend une autre grosse bouchée

L’annonce de l’achat de Golder pour 1,5 milliard $ met K.-O. le site web de la firme d’ingénierie québécoise

Alexandre L'Heureux
Photo courtoisie Le PDG de WSP, Alxandre L’Heureux, lors d’une conférence du CORIM à Montréal.

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Le géant québécois de l’ingénierie WSP Global a annoncé jeudi la plus importante acquisition de son histoire. Une transaction tellement retentissante qu’elle a littéralement fait planter son site web.

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« On ne s’attendait pas à ce que l’annonce nous amène autant de visiteurs », a confié jeudi Quentin Weber, conseiller aux relations avec les investisseurs chez WSP.

L’acquisition de la firme ontarienne Golder pour 1,5 milliard $ a aussi fait exploser l’action de WSP à la Bourse de Toronto : le titre a gagné 12 % jeudi, clôturant au prix record de 108,04 $ à la Bourse de Toronto. L’entreprise, autrefois connue sous le nom de Genivar, vaut désormais plus de 12 milliards $.

L’intégration des activités de Golder aura également des répercussions au siège social de WSP au centre-ville de Montréal, où travaillent actuellement quelque 150 personnes.

« J’ai toujours voulu avoir un siège social fort, donc [après une acquisition], on ramène souvent des pouvoirs [à Montréal], a affirmé au Journal le PDG de WSP, Alexandre L’Heureux. [...] C’est clair que plus on grossit, plus notre siège social a besoin de ressources. »

La grande séduction

Fondée en 1960, Golder enregistre des revenus annuels de 1,1 milliard $, compte 155 bureaux et emploie 7000 personnes dans une trentaine de pays. La firme est notamment active dans les secteurs de l’environnement, des mines et des hydrocarbures.

Avec l’élection à la Maison-Blanche du démocrate Joe Biden, qui a mis de l’avant un ambitieux programme environnemental, « c’est le bon moment » d’acheter Golder, a fait valoir WSP dans une présentation faite aux investisseurs.

« Ça faisait trois à quatre ans que j’avais des discussions privilégiées, plusieurs fois par année, avec le PDG de l’entreprise [Hisham Mahmoud], donc, pour moi, c’est un grand jour », a raconté M. L’Heureux.

Avec Golder, WSP soutient qu’elle deviendra la plus importante société de services-conseils en environnement dans le monde, devant les américaines Aecom et Jacobs. 

Les deux firmes sont hautement complémentaires, a souligné Alexandre L’Heureux. « Environ 80 % des revenus de Golder proviennent du secteur privé, alors que WSP génère plus de 60 % de ses revenus dans le secteur public », a-t-il dit.

Une fois l’acquisition bouclée, WSP affichera un chiffre d’affaires de 8 milliards $, se rapprochant des 9,5 milliards $ de sa rivale en difficulté SNC-Lavalin.

La Caisse passe son tour

Pour financer la transaction, WSP Gbobal émettra pour 310 millions $ d’actions. Le puissant fonds GIC de Singapour en achètera pour 260 millions $ tandis que la British Columbia Investment Management Corporation en prendra pour 50 millions $.

La Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada restent sur les lignes de côté, mais continuent d’être les plus importants actionnaires de WSP avec des participations respectives de 18,4 % et 18,9 % dans l’entreprise.

En juin, les deux investisseurs institutionnels avaient injecté ensemble 70 millions $ dans WSP dans le cadre d’une émission d’actions de 572 millions $.

M. L’Heureux a assuré que contrairement à plusieurs firmes de génie, dont WSP, Golder n’a pas été ébranlée par des problèmes d’intégrité ces dernières années.

« Il n’y a rien à régler parce qu’à ma connaissance, il n’y en a jamais eu », a-t-il martelé.