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«La reine de l'escroquerie» d'Hollywood arrêtée en Angleterre

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Un escroc présumé, inculpé aux États-Unis pour avoir soutiré des centaines de milliers de dollars à des professionnels du cinéma en se faisant passer pour des femmes d'influence à Hollywood, a été arrêté en Grande-Bretagne, a indiqué à l'AFP la police fédérale américaine. 

«La reine de l'escroquerie d'Hollywood» serait en réalité un homme indonésien âgé de 41 ans qui répond au nom de Hargobind Tahilramani, un virtuose de l'imitation des voix féminines et des accents. Il était recherché dans le monde entier depuis son inculpation par un tribunal de Californie en novembre 2019.

Les autorités américaines vont demander à la justice britannique l'extradition du suspect, a précisé un porte-parole du FBI à San Diego.

Parmi les dirigeantes d'Hollywood dont Tahilramani usurpait l'identité figurent Kathleen Kennedy, grande patronne de Lucasfilm (saga Star Wars), l'ancienne responsable de Sony Amy Pascal et l'ex-PDG des studios Paramount Sherry Lansing.

L'ex-épouse du magnat des médias Rupert Murdoch, Wendi, aurait aussi été imitée par le suspect, qui se faisait aussi parfois passer pour des cadres masculins.

Selon l'acte d'accusation consulté par l'AFP, des professionnels du cinéma dans différentes spécialités étaient contactés par l'escroc présumé et se voyaient proposer des opportunités d'emploi prestigieuses et lucratives pour des projets imaginaires. Seule condition: se rendre en Indonésie pour des repérages, de la documentation ou des travaux préparatoires au scénario.

À leur arrivée, les victimes étaient délestées de leurs dollars à la moindre occasion par des complices qui prélevaient des «frais de transport» et autres avances prohibitives censées faire plus tard l'objet d'un remboursement par la production.

Les dupes ne revoyaient jamais la couleur de leur argent et ceux qui se plaignaient ou émettaient des doutes étaient explicitement menacés par Tahilramani, qui les intimidait en leur envoyant des photos de leurs enfants ou parlait de les «démembrer», selon l'acte d'accusation.

L'escroquerie aurait débuté en 2013 et se serait poursuivie jusque cet été, la bande ayant adapté ses techniques à la crise sanitaire en demandant à ses cibles de verser de l'argent pour des «vidéos de formation» inexistantes.

Selon le média spécialisé Hollywood Reporter, l'escroc présumé a été arrêté la semaine dernière à Manchester (nord-ouest de l'Angleterre), avec l'aide d'une société d'investigation privée, K2 Integrity.

«Nous sommes immensément fiers des ressources dont notre équipe d'enquêteurs a fait preuve (...) pour combattre et démasquer ce maître chanteur et faire cesser cette escroquerie par imposture», écrit dans un communiqué à l'AFP le cofondateur et dirigeant de la firme, Jules Kroll.

L'identité de «la reine de l'escroquerie» était longtemps restée mystérieuse jusqu'à ce la firme K2 Integrity annonce, l'an dernier, avoir découvert qu'il s'agissait d'un homme.

La maison d'édition HarperCollins a déjà acheté les droits de cette histoire rocambolesque, qui sera écrite par Scott Johnson, ancien journaliste du Hollywood Reporter.