/opinion/columnists
Navigation

SOS cinémas, théâtres et salles de concert

Coup d'oeil sur cet article

Pendant quelques jours, les Québécois ont vraiment cru que le temps des Fêtes en serait un de réjouissances. Après plusieurs mois de carême social, ils pourraient enfin se retrouver le temps d’une dinde en famille. Maintenant, ils déchantent. 

Si la tendance se maintient, les rassemblements à Noël ne seront pas autorisés. Chacun devra rester chez soi. Si tel est bien le cas, on espérera une certaine souplesse dans l’interprétation de ce principe. Quel sort réserver aux personnes seules, par exemple ? 

Mais au-delà des fêtes de Noël, c’est le retour à un semblant de vie en janvier qui est compromis.

Spectacles 

Faudra-t-il vraiment attendre le vaccin pour retrouver la possibilité de rencontres sociales, même encadrées par les règles sanitaires ?

J’ai souvent parlé dans cette chronique du mauvais sort réservé aux restaurateurs. Je le confesse, je le trouve insensé. 

Il faut aussi parler du milieu de la culture. 

Nous le savons, en ce moment, les cinémas, les théâtres et les salles de concert sont fermés, alors qu’ils avaient intégré les règles de sécurité sanitaire. On a beau dire que le gouvernement les soutient dans la crise, ils en souffrent terriblement. Pourront-ils se relever ensuite ? 

Le commun des mortels est en droit de se demander, sans que cela soit une question rhétorique, pourquoi il serait moins dangereux de fréquenter les centres commerciaux que d’aller baguenauder au musée, pour goûter les plaisirs d’une exposition ou s’installer paisiblement dans une salle pour apprécier un spectacle. 

Si l’homme ordinaire n’a pas pour vocation de gérer une pandémie, il ne lui est pas interdit de critiquer l’incohérence de certaines mesures. 

La vie économique a ses droits, et je ne suis pas de ceux qui se moquent des hommes et des femmes qui, dans ces temps pénibles, se retrouvent au centre commercial. La vie, ce n’est pas que l’économie, mais l’économie, c’est aussi la vie. 

Mais le centre commercial devrait-il être le seul espace de liberté autorisé ? 

Surtout si le vaccin n’arrive massivement en nos contrées que dans la deuxième moitié de l’an prochain, faut-il vraiment consentir à cette suspension durable de la vie culturelle ? 

Les artistes, les créateurs, les techniciens, les acteurs, les comédiens, tous ceux qui évoluent dans ce milieu sont actuellement condamnés au dépérissement psychologique et économique. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Créativité

Ne nous trompons pas : ce n’est pas qu’une question de loisirs pour égayer nos tristes vies confinées. La culture n’est pas une industrie parmi d’autres. 

La chose est encore plus vraie pour une petite société qui, à chaque génération, joue sa survie à travers sa capacité à nommer le monde de son propre point de vue. La société québécoise est très créative, et il faut lui donner les moyens de le demeurer. 

Il n’est pas demandé ici, on le comprendra, de faire semblant que la pandémie n’existe pas, mais de permettre au milieu de la culture de s’y adapter pour la traverser et être ainsi capable de s’en sortir.