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Sous respirateur

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La pandémie a frappé de façon dramatique tous les aéroports canadiens, mais parce qu’il est de moindre envergure et toujours pas doté d’un centre de prédédouanement, celui de Québec se retrouve en situation encore plus précaire.

On s’en doutait, l’année 2020 s’est avérée une catastrophe pour l’Aéroport Jean-Lesage de Québec (YQB). Ses revenus ont chuté de façon drastique (près de 90 %), au même rythme que le nombre de passagers qui au lieu des 1,8 million espérés pourrait se chiffrer à aussi peu que 530 000. 

« C’est quelque chose qu’on va traîner avec nous pendant les 20 prochaines années », calcule son PDG, Stéphane Poirier. 

C’est évidemment loin d’être une bonne nouvelle pour la région de Québec, dont « la vitalité dépend en grande partie de la force de son aéroport », qui joue un rôle d’agent et de moteur économique, comme l’a exprimé hier M. Poirier. 

Ambitions au neutre 

Bien qu’il survienne dans le pire contexte, il faisait bon d’entendre ce discours rafraîchissant. Après des années de guerre ouverte entre l’ancienne administration de l’aéroport et la Ville, et des relations tendues avec bon nombre d’autres partenaires, ce changement de ton est plus que bienvenu. 

Néanmoins, les grandes ambitions que nourrissaient les dirigeants pour l’aéroport, notamment avec la mise en service d’un centre de prédédouanement américain, se sont elles aussi dégonflées. 

Ce projet, longtemps présenté comme un incontournable et qui permettrait aux voyageurs à destination des États-Unis de sauver du temps, n’est désormais plus une priorité à court terme étant donné la situation engendrée par la crise sanitaire, a dû admettre M. Poirier.

Justin Trudeau avait beau l’avoir confirmé il y a quatre ans, ce centre faisait toujours l’objet de discussions avec Ottawa en raison des coûts très élevés reliés à ses opérations.

Fonds fédéraux

La direction de YQB a par ailleurs préféré attendre la fin de l’année pour présenter son plan de relance. Ailleurs, comme à Edmonton, on a procédé dès le mois de juin. 

Son PDG, Stéphane Poirier, a expliqué hier cette décision en tant que stratégie. Il souligne que le travail a commencé dès le mois d’avril, mais considère qu’il fallait prendre le temps de très bien ficeler le tout d’abord. Il a fallu remercier beaucoup d’employés, voir à un plan de mesures sanitaires, et discuter avec les gouvernements et les partenaires.

À travers l’appel à l’aide du PDG de l’Aéroport de Québec, hier, on décode les craintes de l’administration de voir le fédéral se tourner d’abord vers les aéroports de plus grande envergure.

Ottawa a d’ailleurs annoncé récemment des fonds pour un projet à Mirabel, géré par Aéroports de Montréal.

Pour Québec, on attend donc des actions après les beaux discours. M. Poirier s’attend à une reprise à la fin de 2021, mais devant toutes les inconnues qui subsistent, il est bien possible que la saignée se poursuive encore plus longtemps.