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Une sortie digne de Donald Trump

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Le président défait semble déterminé à empoisonner l’atmosphère, à extorquer de l’argent à ses partisans et à ne pas lâcher son emprise sur le Parti républicain.

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Malgré les ravages de la pandémie, Donald Trump ne fait même plus mine de gouverner. 

Alors qu’il continue de prétendre pouvoir renverser l’élection, il prépare son retour pour 2024. Son comportement pendant cette transition risque toutefois d’être un boulet pour lui.

Donateurs floués 

Donald Trump continue d’affirmer avec insistance que la victoire de Joe Biden ne peut être due qu’à un immense complot, un complot si parfait qu’il semble n’avoir laissé aucune trace. Ses avocats sont la risée du monde juridique après avoir été déboutés dans des douzaines de poursuites où ils n’avaient aucune preuve à présenter. 

Les seuls qui semblent croire aux théories du complot colportées par Trump sont les donateurs à qui il a déjà réussi à extorquer plus de 170 M$, soi-disant pour financer ces recours juridiques. 

Ce que Trump ne dit pas aux partisans qui gobent ses balivernes, c’est qu’une petite fraction de leurs dons sert à financer ces recours futiles et que le gros des montants recueillis ira à son comité de réélection. Il leur tait aussi qu’il peut disposer de ces montants comme il l’entend, soit en les dépensant dans ses propres entreprises ou en les empochant directement.

Risques de dérapage

Pour constituer ce pactole, Trump a convaincu des dizaines de millions d’Américains que le processus électoral est corrompu. 

Les efforts d’un président pour délégitimer une élection et l’appel à rien de moins qu’un coup d’État par certains de ses proches ne peuvent qu’empoisonner la démocratie américaine. 

Tout ceci contribue à renforcer chez certains trumpistes extrémistes fêlés la conviction que tous les moyens sont justifiables en appui à leur héros injustement déchu.

On ne déplore pas encore de violence ouverte, mais de nombreux responsables électoraux dans des États-clés qui ont échappé à Trump reçoivent des menaces explicites.

Le Parti républicain arnaqué

Mardi, un responsable électoral en Géorgie lançait un cri du cœur largement diffusé demandant au président d’abandonner ses actions antidémocratiques et priant les républicains de les dénoncer. Personne ne lui a répondu.

Trump n’admettra jamais sa défaite et il entend contrevenir à toutes les conventions liées à la transition, y compris en refusant d’assister à l’assermentation de son successeur. 

Le président sortant semble prêt à persister dans son entreprise de démolition des normes démocratiques de son pays au point où son entêtement pourrait coûter la victoire aux républicains dans le deuxième tour des élections sénatoriales en Géorgie et leur faire perdre le contrôle du Sénat.

Donald Trump est sans doute persuadé que son emprise sur le Parti républicain est telle qu’il pourrait survivre politiquement même si la transition tournait à la catastrophe. Toutefois, s’il est difficile de conclure que ses actions actuelles l’aideront à reconquérir la présidence en 2024, il semble acquis qu’il n’hésiterait pas à entraîner son parti avec lui dans sa chute.