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Va-t-on arriver sains et saufs ? À bord du premier vol public du Boeing 737 MAX

Va-t-on arriver sains et saufs ? À bord du premier vol public du Boeing 737 MAX
AFP

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Va-t-on arriver sains et saufs? La question traversait sans doute mercredi l’esprit des 87 passagers, principalement des journalistes dont deux de l’AFP, lors du premier vol grand public d’un Boeing 737 MAX.

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Cloué au sol pendant 20 mois après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts, cet avion a été autorisé à revoler aux États-Unis en novembre.

Pour ce vol promotionnel reliant Dallas, dans le Texas, à Tulsa, dans l’Oklahoma, destiné à dissiper les peurs et à convaincre de la fiabilité de cet aéronef, American Airlines, qui prévoit de redémarrer des vols commerciaux à bord du 737 MAX le 29 décembre, a sorti le grand jeu.

Au décollage, les agents de bord ont, comme d’habitude, présenté les consignes de sécurité avant de distribuer en-cas et bouteilles d’eau.

Seule particularité: le commandant de bord, Pete Gamble, accueille les passagers en leur assurant que des femmes et des hommes avaient tout fait pour que soit rétablie la « chaîne de sécurité », brisée par les accidents de Lion Air (189 morts) d’octobre 2018 et d’Ethiopian Airlines (157 morts) de mars 2019.

« Entre les changements apportés aux systèmes, l’examen vigilant de chaque appareil et la formation que nous avons mise en place, le niveau de confiance est vraiment remonté », assurera plus tard à l’AFP le capitaine. « Il fallait que (le 737 MAX) soit inspecté minutieusement, cela a été fait. » 

Pour prendre les manettes de l’appareil, chaque pilote d’American Airlines devra au préalable effectuer une formation de deux heures sur iPad, avant de passer une heure seul dans un simulateur, puis deux heures avec un collègue pendant lesquelles ils expérimenteront plusieurs scénarios d’incidents.

Des turbulences

Mis a part quelques turbulences dans un ciel grisâtre, le vol de mercredi, qui a duré une cinquantaine de minutes, s’est déroulé sans encombre.

Masque sur le visage, les passagers, disséminés dans tout l’avion et séparés par un siège vide, étaient calmes, ne présentant pas de fébrilité particulière.

Pour un passager sans connaissance spécifique de l’aviation, rien ne distingue vraiment le Boeing 737 MAX si ce n’est l’inscription 73-8x au niveau de la roue avant. Les fiches de sécurité glissées dans les poches des sièges mentionnent seulement le chiffre « 737 ».

Quelques détails permettent aux férus d’aviation de le reconnaître, comme le bout des ailes, à pointes fendues, ou les lames de moteurs, incurvées.

American Airlines assure que tout client achetant un billet d’avion sera prévenu s’il vole sur un 737 MAX. La compagnie s’est engagée à offrir des alternatives à tout passager ne souhaitant pas voler sur l’appareil.

« La sécurité est notre priorité. Il n’y a pas d’exception », assène David Seymour, le directeur opérationnel de la compagnie, qui tient à mettre en avant le travail effectué par les mécaniciens, les ingénieurs et les pilotes.

Employé depuis 34 ans chez American Airlines, Roger Steele « adore » les Boeing 737 MAX.

Il était présent quand la compagnie a reçu son premier exemplaire. Il s’assure maintenant qu’ils sont prêts à revoler en toute sécurité.

Pneus, réservoirs, engins

Sous un hangar sur la base de maintenance de la société à Tulsa, il supervise tous les contrôles et changements imposés par les régulateurs avant tout vol. Quatre jours intenses de travail sur chaque appareil.

Des équipes se relaient 24 heures sur 24 dans l’entrepôt sur deux appareils à la fois pour vérifier la pression des pneus, les systèmes hydrauliques, les moteurs, les réservoirs. Il faut actualiser certains logiciels de vol dans le cockpit, modifier le positionnement de quelques câbles.

Toutes ces mesures sont dictées par l’agence américaine de l’aviation (FAA), qui a autorisé le 19 novembre l’avion, cloué au sol de par le monde depuis mars 2019, à revoler sous certaines conditions.

« On a commencé le travail le jour-même », explique M. Steele.

Une vingtaine de 737 MAX sont encore à l’extérieur sur le tarmac.

Les équipes de maintenance en ont pris soin « comme s’ils étaient en service », assure Erik Olund, directeur de la base de maintenance de Tulsa.

En plus d’un contrôle obligatoire tous les 30 jours, ils ont allumé les moteurs et tourné les roues tous les dix jours.

Le niveau d’humidité et les réservoirs ont été surveillés de près et des coussins installés dans les moteurs pour éviter que des animaux ne s’y introduisent.

Les pilotes présents répètent le même refrain: il n’y a aucun risque à voler sur le 737 MAX.

American Airlines va opérer un vol sur un Boeing 737 MAX, entre Miami et New York, le 29 décembre.