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Mikaël Kingsbury sur la touche de 4 à 6 semaines

À la veille de la Coupe du monde, le skieur acrobatique se fracture deux vertèbres à l’entraînement

Ski acrobatique
Photo d'archives, Martin Chevalier En janvier dernier, Mikaël Kingsbury avait épaté la galerie lors d’un entraînement dans le cadre d’une épreuve de la Coupe du monde à Mont-Tremblant.

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Le champion olympique Mikaël Kingsbury devra faire l’impasse sur les trois premières étapes de la Coupe du monde de ski acrobatique qui débute en fin de semaine en Finlande en raison d’une fracture de deux vertèbres subie, dimanche, à l’entraînement. Une blessure qui le gardera sur la touche pour une période de quatre à six semaines.

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Victime d’une chute à l’atterrissage d’un saut dans le haut du parcours à sa deuxième journée d’entraînement à Ruka, Kingsbury croyait s’en sortir avec des muscles étirés, mais la douleur intense qui ressemblait à un couteau planté dans son dos l’a incité à passer le lendemain une résonance magnétique qui a confirmé la fracture des vertèbres T4 et T5. Il est rentré à Montréal, mercredi, pour amorcer sa période de réhabilitation.   

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Le dos encaisse le choc

« J’ai tenté de protéger ma tête et mon cou, et c’est mon dos qui a encaissé tout l’impact, a raconté Kingsbury, jeudi, lors d’une conférence téléphonique. J’ai perdu le souffle et la douleur était vraiment intense. Je savais que j’avais quelque chose, mais je ne pensais pas avoir subi une fracture. Je ne suis pas radiologue, mais c’était évident quand le médecin nous a montré les radiographies à moi et à mon entraîneur. »

Opération évitée

« C’est surtout décevant de rater le début de la saison à Ruka où j’ai connu beaucoup de succès dans le passé [il aurait visé une 6e victoire consécutive] et qui constitue l’une de mes Coupes du monde préférées, mais je me console à l’idée que ma blessure aurait pu être beaucoup plus sérieuse, de poursuivre celui qui allait prendre, demain, le départ de sa 110e course en carrière, dont un 106e consécutif. Je suis chanceux dans ma malchance. Je n’ai rien de déplacé et j’ai pu éviter l’opération. Les fractures sont belles. Après un camp en Suisse, j’étais dans une forme extraordinaire. Si mon dos avait été moins fort, les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves. Mes poumons et mon cou auraient pu être touchés. Il y a déjà eu des incidents malheureux. »

Jamais blessé sérieusement au cours de sa carrière avec l’équipe nationale qui a débuté il y a 11 ans, le skieur de Deux-Montagnes vivra une première, mais il soutient avoir déjà tourné la page. 

« J’ai l’esprit en paix parce que je n’ai jamais subi de blessure majeure en 11 ans de carrière, a-t-il expliqué. Si j’étais plus jeune et que ma blessure était survenue dans une année olympique, je penserais peut-être différemment. C’est un nouveau défi et je vais revenir plus fort. C’est néanmoins poche, parce que mon saut était presque parfait et j’aurais évité cette blessure stupide si j’étais atterri un mètre plus loin ou un mètre plus tôt. C’est certain à 100 pour cent que l’espace d’atterrissage était court, mais c’est un concours de circonstances. C’est comme si j’avais passé dans un nid de poule en vélo et que j’étais passé par-dessus les guidons. Je vais apprendre vraiment beaucoup sur moi-même lors de ma pause. »

Retour à Calgary

Kingsbury souhaite revenir à la compétition lors des deux étapes de la Coupe du monde de Calgary qui auront lieu du 26 au 31 janvier, mais il ne veut pas brusquer son retour. 

« C’est réaliste de croire que je pourrais prendre le départ à Calgary, mais je veux courir pour gagner et en confiance quand je vais me retrouver dans le portillon de départ et non pas effectuer un retour à 50 pour cent de mes possibilités, a-t-il résumé. Je veux être prêt physiquement et mentalement. Ça ne donnera rien de revenir trop vite. Il n’y a pas d’urgence. »

Bien entouré

« Pour le moment, mon travail est de me reposer, d’ajouter le détenteur de 18 Globes de cristal et de 63 victoires en Coupe du monde. Je dois laisser le temps à mes os de se ressouder. La douleur sera présente au cours de la première semaine. Quand je suis droit, je me sens bien, mais c’est plus compliqué pour les rotations. Je vais reprendre le vélo stationnaire doucement d’ici une couple de journées. J’ai une bonne équipe de professionnels qui m’entoure. Quant au Globe de cristal, je ne fais pas une croix là-dessus, mais ce n’est pas une préoccupation. On ne sait pas combien il y aura de courses après Noël. En gagner 9 ou 10, ça ne changera pas grand-chose. On vit une année différente et l’important est de me rétablir en prévision de l’année olympique. »