/news/currentevents
Navigation

Violence conjugale: vers l’implantation du bracelet électronique au Québec?

Coup d'oeil sur cet article

Québec franchit un premier pas vers l’implantation du bracelet électronique pour surveiller les ex-conjoints violents en lançant une étude de faisabilité pour évaluer cette technologie, a appris Le Journal.

L’an dernier à pareille date, un autre meurtre conjugal secouait le Québec. Nabil Yssaad, qui avait signé un engagement lui interdisant de s’approcher de la mère de ses enfants, a tué son ex-femme et ses deux garçons avant de s’enlever la vie.

Le bracelet anti-rapprochement visant à lutter contre les violences faites aux femmes est utilisé en France depuis septembre. Cet outil électronique permettant de tenir son bourreau à distance a été instauré il y a 10 ans en Espagne.  

  • Écoutez l'entrevue de la ministre de la condition féminine Isabelle Charest sur QUB radio:    

Géolocalisation

Ce dispositif est composé d’une bande portée au poignet ou à la cheville par la personne aux antécédents de violence conjugale et d’un récepteur confié à la victime de mauvais traitements. Lorsque l’ex-mari s’approche de son ancienne compagne, de sa résidence ou de son lieu de travail, les forces de l’ordre sont alertées.

Selon nos informations, la ministre Geneviève Guilbault annoncera jeudi qu’elle étudiera la possibilité d’implanter ici ce système de géolocalisation des ex-conjoints violents, à l’occasion du dévoilement du plan d’action en matière de violence conjugale piloté par sa collègue Isabelle Charest.

En France, le consentement du conjoint condamné pour violence conjugale est nécessaire pour l’utilisation du bracelet électronique et permet un aménagement de la peine. Ceux qui acceptent de le porter peuvent éviter la détention provisoire ou obtenir des conditions de remise en liberté moins sévères.

En libération conditionnelle ?

De quelle façon cet outil technologique pourrait-il être appliqué au Québec ? Comment le bracelet anti-rapprochement pourrait-il être géré sur un vaste territoire comme le nôtre et quel est le prix d’une telle mesure ? L’an dernier, un reportage du Journal révélait que les coûts de surveillance d’un bracelet anti-rapprochement oscillent entre 390 et 540 $ par mois.

Mais encore, ce système pourrait-il être utilisé également pour les criminels en libération conditionnelle ?

On se rappelle tous le décès tragique de Marylène Lévesque, 22 ans, assassinée par un meurtrier récidiviste en liberté conditionnelle en janvier 2019.

Des questions auxquelles devrait répondre l’étude de faisabilité, dont le rapport est attendu pour 2021.