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Laval: urgent besoin d’un toit pour accueillir les femmes en difficulté

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« Comment tu veux que je trouve un travail, ou que j’aille à l’école, ou que j’atteigne mes objectifs quand je sais même pas où je vais dormir demain?» (Esmeralda, femme en difficulté)

La pandémie, puissant révélateur de disparités sociales, a accru les besoins des femmes «en difficulté». L’arrivée imminente de l’hiver ajoute à la complexité d’une situation déjà intenable, pour nombre d’entre elles. Ces femmes, qui cumulent plusieurs difficultés (précarité financière, itinérance, répétition des violences subies souvent depuis l’enfance, consommation de substances psychoactives, etc.), se heurtent régulièrement à des portes closes, qu’il s’agisse de ressources d’aide débordées ou de proches dépassés.

La crise de la COVID-19 constitue à la fois un révélateur des inégalités et un laboratoire pour explorer des manières de les pallier.

Une mesure temporaire

Un site alternatif d’aide en itinérance a ouvert ses portes le 4 décembre à Laval; des chambres y sont réservées pour les femmes. Cette mesure temporaire, qui répond essentiellement à l’urgence des besoins immédiats, ne peut toutefois remédier à l’absence d’une ressource stable et plus extensive, à même de s’adapter aux différents profils et aux divers moments des trajectoires des femmes en difficulté.

Laval: une banlieue dorée?

Laval est la troisième ville la plus populeuse du Québec. Celle-ci étant loin d’être la banlieue dorée imaginée, les besoins des populations vulnérables y sont particulièrement criants.

Pourtant, cette ville de près de 450 000 habitants n’a pas de ressource spécifiquement dédiée aux femmes en difficulté.

Certes, la population en situation d’itinérance peut compter sur le soutien d’un organisme local. Mais celui-ci ne peut répondre à l’ampleur de la demande, et il accueille aussi bien les hommes que les femmes, au risque que les Lavalloises en difficulté évitent le plus longtemps possible de s’y présenter, par crainte pour leur sécurité... Une sécurité paradoxalement mise en péril, toutefois, par leur recours alternatif à des lieux hasardeux ou à des relations précaires les mettant à risque de répéter des situations de violences.

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Sophie Gilbert, professeure, Département de psychologie, UQAM

Marie-Eve Surprenant, coordonnatrice, Table de concertation de Laval en condition féminine

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