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LNH: l’étau continue de se resserrer

HOCKEY-NHL
Photo d'archives, USA Today sports L’Association des joueurs de la LNH se méfie du commissaire Gary Bettman.

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Où en sommes-nous ? Les négociateurs confirment qu’on discute. Mais le dossier avance à pas de tortue... et encore. Pourquoi ?

Les joueurs ne veulent rien savoir de la perspective de modifier certaines clauses de l’entente conclue en juillet dernier. Surtout, il n’est pas question de revoir la clause au sujet du compte en fiducie et tout ce que cela comporte.

Et les propriétaires ?

La plupart des investisseurs ne veulent rien savoir de donner aux athlètes un plein salaire, c’est-à-dire basé sur un calendrier de 82 matchs alors qu’on en proposera un de 48 matchs.

D’une part, les joueurs répètent sans cesse qu’on doit respecter l’entente signée par les décideurs des deux clans, et d’autre part, les propriétaires estiment qu’il ne s’agit pas d’une négociation, mais bien d’une mise à jour de certaines clauses en raison des dommages causés par la pandémie.

« On a véhiculé une information erronée, claironne Gary Bettman. On ne veut pas renégocier la clause en fiducie, mais on veut y apporter des ajustements qui sont nécessaires puisque la conjoncture économique s’est aggravée au cours des derniers mois. » 

Est-ce une stratégie de relations publiques en insistant sur une mise à jour plutôt qu’une négociation ? Tout est laissé à interprétation. Qui a raison ? Qui a tort ?

Les joueurs disent qu’au fil des ans, ils ont largement contribué à l’essor de la ligue sur le plan financier. Les propriétaires estiment qu’il est insensé de ne pas envisager la situation avec un système basé au prorata du nombre de matchs à l’horaire... sans oublier qu’il n’y aura aucun revenu aux tourniquets.

La belle harmonie

Cette belle harmonie que l’on disait le fruit de plusieurs années de discussions, cette belle harmonie qui a marqué les négociations de juillet s’est rapidement évaporée.

On revient à la case départ.

Tout est une question d’argent.

Bettman, s’appuyant sur les faibles revenus à prévoir, dit aux joueurs que la dette qu’ils accumuleront dans le système 50-50 sera gigantesque et qu’elle occasionnera :   

  • un plafond salarial s’amenuisant en raison des faibles revenus ;   
  • une hausse de la dette, le manque à gagner sera plus élevé ;   
  • des salaires à la baisse, donc, moins d’argent pour les jeunes joueurs ;   
  • et peut-être moins d’emplois si jamais des concessions cessent leurs activités.      

Un sombre tableau... 

Mais encore faut-il qu’il reflète la réalité, et, sur ce point, les patineurs croient que Bettman bluffe. Pas étonnant qu’ils aient mandaté quelques avocats pour s’assurer que si jamais Bettman décrétait l’annulation de la saison, une poursuite pourrait être intentée afin que les joueurs touchent leur plein salaire.

L’Association des joueurs se méfie plus que jamais du commissaire et la jeune garde de l’Association des joueurs exerce un impact important chez les membres. Ce ne sont plus les vétérans qui dictent l’ordre du jour. On se méfie de Bettman, et la dernière intervention, celle où l’on conteste la clause en fiducie ainsi que le prêt à 10 %, constitue pour le syndicat un manque de respect.

Nombreux soucis

Cependant, contrairement aux années passées, Bettman a de nombreux soucis. Il y a un désaccord chez les propriétaires. Combien sont-ils ? Ça dépend à qui vous parlez. Certains disent une dizaine, d’autres, plus conservateurs, affirment entre 5 et 10. Les plus actifs, ceux qui mènent la charge, n’hésitent pas à parler de 12 proprios pour qui l’annulation de la saison serait une option à considérer.

Le commissaire a revu le dossier avec Donald Fehr et il n’a pas caché son inquiétude vis-à-vis le manque à gagner que devront rembourser les joueurs qui ne toucheront que 50 % des revenus. Voilà pourquoi, essentiellement, ils ne veulent pas payer les joueurs selon les contrats signés... pour 82 matchs.  

Bettman ajoute également que la fameuse clause impliquant le compte en fiducie, le prêt de 10 %, a été créée sur des probabilités. On l’a fait dans l’inconnu, ne sachant pas qu’il y aurait une deuxième vague de la pandémie encore plus inquiétante que la première. On croyait amorcer la prochaine saison avec des gens dans les gradins.

Or, les prévisions sont inquiétantes.  

Aux États-Unis, on croit qu’à la fin de l’été 2021, les gens pourront à nouveau franchir les barrières des amphithéâtres et des stades. Donc, cela signifie que la Ligue nationale, s’il y a une saison en 2021, présentera ses matchs dans des amphithéâtres fermés aux amateurs. L’avait-on prévu de cette façon en juillet 2020 ?

Joueurs-entrepreneurs

Un fiscaliste américain avait une façon bien particulière d’analyser la situation de la LNH et des joueurs, lorsqu’interrogé sur le sujet.

« L’Association des joueurs est un organisme qui voit au bien-être des athlètes et pour plusieurs raisons. Les conditions d’emploi, les plans d’assurance, les garanties contractuelles, et une forme de partenariat. Cependant, il faut bien réaliser que les joueurs ne sont pas des employés, mais bien des entrepreneurs qui travaillent avec comme rémunération une commission basée sur le rendement et aussi sur les états financiers de l’entreprise.

« Si la Ligue, pour des raisons exceptionnelles, ne peut faire mieux que présenter un calendrier de 48 matchs, n’est-il pas normal que les propriétaires de l’entreprise versent une commission sur 48 matchs ? Évidemment, les contrats de chacun des joueurs comportent des pourcentages bien différents, des pourcentages s’appuyant sur l’impact du joueur, sur son statut et sur sa production. Chaque contrat comporte aussi une clause sur le nombre d’événements. »

Intéressant...

Où le CH jouerait-il ?  

Donc, les Kings de Los Angeles, les Ducks d’Anaheim, les Penguins de Pittsburgh et les Bruins de Boston explorent la possibilité de disputer quelques matchs à domicile... à l’extérieur.

Les Kings et les Ducks partageraient le stade de la formation de soccer de Los Angeles, les Bruins pourraient évoluer au Fenway Park et les Penguins au stade des Pirates ou à celui des Steelers.

Les équipes ont fait part de leur projet aux autorités de la santé des États qu’elles représentent.

Question : le Canadien pourrait-il disputer des matchs à l’extérieur... avec évidemment des amateurs dans les gradins ?

Pour l’instant, la réponse est non.

Si jamais la situation s’améliorait, Geoff Molson envisagerait-il une telle possibilité ? Après tout, il pourrait ajouter des revenus importants à son budget pour la prochaine année.

Et la question : où pourrait-il disputer les matchs ?

Le stade de l’Université McGill vient à l’esprit. Situé pas très loin du centre-ville, ce serait sans doute un endroit intéressant. Plus de 23 000 sièges, et des gradins près de la surface de jeu.

Comme dirait l’autre, ce serait « cool ».