/finance
Navigation

Ligne d’Hydro vers le Maine: tracé acceptable dans l’ensemble, dit le BAPE

pylône électrique
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Le projet de ligne électrique d’Hydro-Québec devant relier la région de Chaudière-Appalaches au Maine lui permettrait d’augmenter ses exportations d’électricité et favoriserait la commercialisation des importants surplus dont la société d’État dispose, au bénéfice des Québécois.

• À lire aussi: Front commun des Premières Nations contre Hydro-Québec

• À lire aussi: La Régie de l’énergie accepte la nouvelle proposition d’Hydro-Québec aux producteurs de serres

C’est l’une des conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui estime que le tracé retenu est, dans l’ensemble, «acceptable sur le plan de l’environnement naturel et humain».

«Le projet s’inscrirait également dans le sens de la lutte contre les changements climatiques en fournissant une énergie renouvelable aux États du Maine et du Massachusetts, ce qui contribuerait à la décarbonation de leur économie, et ce, sans entraver celle du Québec», précise-t-on dans un rapport rendu public vendredi.

La société d’État veut construire une ligne à haute tension dans Chaudière-Appalaches qui serait reliée à une autre dans le Maine afin d’acheminer l’électricité québécoise dans la région de Boston.

La ligne d’interconnexion projetée par Hydro-Québec devrait parcourir un peu plus de 100 km à partir du poste des Appalaches situé à Saint-Adrien-d’Irlande – juste à l’ouest de Thetford Mines – jusqu’au village de Frontenac près de la frontière américaine, où le partenaire américain d’Hydro-Québec, la Central Maine Power, prendrait le relai.

À terme, cette ligne devrait acheminer 9,45 térawattheures vers la Nouvelle-Angleterre, soit assez d’électricité pour desservir un million de clients.

Ce projet fait toutefois face à beaucoup de résistance, car de nombreux citoyens et groupes s’opposent au sud de la frontière à la construction d’une nouvelle ligne dans le Maine.

Jeudi, les Innus de Pessamit, les Atikamekw de Wemotaci et les Anishnabeg de Pikogan, Lac-Simon et Kitcisakik ont fait front commun avec les Innus du Labrador pour exiger des dédommagements pour les ouvrages de la société d’État dans leurs territoires traditionnels.

Mesures d’atténuation

Dans le rapport, on indique qu’il y a eu des discussions pour trouver un tracé acceptable dans le secteur de Thetford Mines. Le BAPE estime que Québec devrait s’assurer que ce tracé «est acceptable du point de vue de l’environnement humain et naturel».

Des mesures d’atténuation sont aussi proposées pour le milieu naturel afin de protéger les espèces animales à statut précaire et certains grands mammifères.

«Ces mesures portent principalement sur le déboisement et l’une d’elles consisterait à réduire le déboisement initial et à maintenir subséquemment une strate végétale à une hauteur maximale garantissant la sécurité des personnes et de la ligne projetée, similaire à celle prévue dans le projet d’interconnexion Québec-New Hampshire», précise-t-on.

Étape importante selon Hydro-Québec

Réagissant au rapport, Hydro Québec a parlé «d’une étape importante de franchie pour le projet».

«Depuis le début, en 2018, nous travaillons en étroite collaboration avec le milieu d’accueil. Nous avons été à l’écoute des préoccupations exprimées et continuons à échanger avec le milieu», a souligné le porte-parole Maxence Huard-Lefebvre, par courriel.

«Nous sommes heureux que les importants efforts que nous avons consentis au cours des derniers mois afin d’améliorer le tracé dans le secteur de Thetford Mines et de Saint-Joseph-de-Coleraine soient reconnus, tout comme l’opportunité qu’offre ce projet d’augmenter les exportations d’Hydro-Québec et de contribuer à la décarbonation du nord-est du continent», a-t-il ajouté.