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«La fois où... les tortues m’ont appris à respirer» d'Amélie Dubois: essayer d’aller mieux, un pas à la fois

romanciere Amelie Dubois
Photo d'archives

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Avec sa plume authentique, sincère, souvent drôle et inimitable, Amélie Dubois raconte les hauts et les bas de la retraite de yoga de Mali Allison dans son nouveau roman, La fois où... les tortues m’ont appris à respirer. Mais outre les postures bizarres et les personnages colorés que Mali rencontre, ce livre parle aussi des différentes étapes du deuil et fait écho à une dure épreuve vécue par l’auteure.

Amélie Dubois, à travers les personnages de cette histoire romancée, parle pour la première fois de la mort de son père, intoxiqué au monoxyde de carbone dans son chalet, il y a quelques années. 

 Donnant voix à Mali Allison, l’auteure de nombreux best-sellers montre à quel point il est difficile de faire face au deuil, de traverser ses nombreuses étapes, de poursuivre sa route et vivre avec cette nouvelle réalité, jour après jour.

<strong><em>La fois où… les tortues m’ont appris à respirer</em><br>Amélie Dubois</strong><br>Les Éditeurs réunis<br>450 pages
Photo courtoisie
La fois où… les tortues m’ont appris à respirer
Amélie Dubois

Les Éditeurs réunis
450 pages

«Je savais que j’allais en parler dans mes romans», confirme Amélie Dubois, en entrevue. «C’est cliché un peu, mais je savais que l’écriture allait aider au processus de deuil. De toute façon, ce qui arrive à Mali dans mes romans, c’est un peu ce qui m’arrive : ce sont des grands pans de ma vie. Je suis même allée faire cette retraite de yoga, à ce moment-là.»

Pas de tristesse

Dans ce livre, elle s’était donné le « éfi» de parler du deuil dans un livre qui n’est pas triste, ou du moins, dans un «feel-good book». «Ça se peut, ça. On peut aborder tous les sujets. Et en l’ayant vécu moi-même, je pense que j’étais à la bonne place pour le ton, l’émotion. J’ai eu les deux pieds dans ce drame, dans ce deuil. Mais je voulais que ce soit dans le ton de ce que je fais habituellement.»

Pour les livres mettant en vedette Mali Allison, elle puise dans sa propre réalité, rappelle-t-elle. «Je me doutais, en allant faire la retraite de yoga, qu’il allait en résulter un livre, mais qui sait ? Peut-être que j’aurais pu ne pas être inspirée. Mais je l’ai été et j’ai même travaillé le plan là-bas.»

Lâcher prise

Trouver des stratégies d’adaptation est loin d’être évident, concède-t-elle. «Mais contre le deuil, est-ce qu’on a vraiment des armes ? On a des portes pour se faire du bien, des conseils de tout le monde pour se faire du bien, mais au final, notre deuil, on est pogné un peu tout seul avec.»

Et comme c’est un deuil familial, les deuils se mêlent. «Mali mélange le deuil de sa mère avec son propre deuil. Je pense qu’elle apprend à lâcher prise sur le “bien aller”. Il faut donc aller bien, dans la vie... mais ça se peut-tu, à un moment donné, qu’on va mal?»

Amélie a intégré d’autres cas vécus dans ce roman, en prenant des libertés d’écrivaine. «Les gens de la retraite sont des gens qui existent. J’ai fait cette retraite. Ce sont des gens que j’ai rencontrés. Je leur ai demandé de prendre des fractions de leurs histoires et de ce que j’avais appris d’eux et ils ont accepté. Ils ont même choisi leurs noms fictifs.»

Série télé à l’horizon?

Par ailleurs, Amélie Dubois travaille en ce moment à l’adaptation en série télé de deux de ses romans, dans le cadre du programme de prédéveloppement de séries télévisées basées sur des adaptations littéraires de la Sodec.

Ce sont deux romans de la série Le Gazon qui ont été choisis, et Pixcom est la maison de production. «On va être en mesure de faire deux épisodes pour les présenter à un diffuseur éventuel.»  

EXTRAIT  

«En attendant toujours mes bagages au carrousel, je scrute les gens autour. Même si j’ai virevolté sur les profils Facebook de tous les participants de la formation, je ne reconnais personne pour l’instant. Le groupe est composé de onze individus. Dix femmes et un gars. Toute cette réalité reliée à la vie de commune est ce qui me cause le plus d’urticaire. Même si j’ai réalisé à travers les forêts du chemin de Compostelle il y a deux ans que j’avais besoin des autres, vivre en commune à temps plein, c’est une autre paire de branches. Sur le chemin, on se croise, on se rencontre, mais on ne vit pas ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre.»  

  • Amélie Dubois a publié plusieurs best-sellers, dont Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas!  
  • Son premier album jeunesse, Mali et la tortue toute nue, est sorti en même temps que ce nouveau roman.