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Pornographie juvénile: le PLQ veut serrer la vis à PornHub

Pornographie juvénile: le PLQ veut serrer la vis à PornHub
AFP

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Le Parti libéral du Québec demande aux gouvernements Legault et Trudeau de serrer la vis à PornHub, au lendemain d’un article du New York Times qui a illustré à quel point il était facile d’accéder à de la pornographie juvénile sur ce site de divertissement pour adultes, dont les bureaux sont installés à Montréal.

La firme MindGeek, qui est propriétaire de PornHub, a en effet pignon sur rue dans un discret immeuble du boulevard Décarie, dans l’ouest de la Ville, bien qu’on sache que plusieurs de ses activités sont administrées à partir de paradis fiscaux.

Outre sa fiscalité controversée, MindGeek est régulièrement accusée depuis plusieurs années d’héberger du contenu explicite mettant en vedette des mineurs sur sa populaire plateforme PornHub. Le récent article du New York Times en fait une nouvelle fois la preuve.

On y apprend que des victimes d’exploitation sexuelle peinent à faire retirer des vidéos humiliantes d’elles.

Bien que PornHub ait été forcé dernièrement par le Congrès américain de bannir certains mots de son onglet de recherche, tels que «viol» ou encore «pédophilie», l’enquête du prestigieux quotidien américain démontre qu’il est encore très facile pour quiconque d’un peu mal intentionné d’accéder à ce genre de contenu.

  • Écoutez René Morin du Centre canadien de protection de l'enfance et l’experte en transformations numériques Catalina Briceno sur la pornographie juvénile sur PornHub

Réputation du Québec

Choqué par ces révélations, le Parti libéral du Québec a pressé samedi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de mettre en œuvre l'article 5 du rapport de la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Ce dernier prévoit qu’un expert ait la tâche d’identifier les contenus à caractère juvéniles sur les sites internet légalement hébergés au Québec et qu’il ait le pouvoir de réprimander ces plateformes.

«Ce que nous apprenons dans le New York Times est un dur coup pour la réputation du Canada, du Québec et de la ville de Montréal. Nous devons tous lutter contre l'industrie de l'exploitation sexuelle et du viol», peut-on lire dans le communiqué envoyé par le Parti libéral.

La formation politique appelle également Ottawa à lancer dès que possible une enquête sur le cas de PornHub, comme l’implore depuis plusieurs mois la sénatrice Julie Miville-Deschêne, qui a fait de cette cause son cheval de bataille.

«Interrogé sur la présence de pornographie juvénile et de vidéos de viol sur le site porno montréalais PornHub, le premier ministre Justin Trudeau reste évasif sur ce qu'il entend faire», avait-elle dénoncé vendredi sur Twitter dans la foulée de l’article du New York Times.

«On a toutes sortes de mesures en place et on va continuer de travailler avec les agences de sécurité pour s’assurer qu’il n’y a pas d’exploitation, de trafficage (sic) de gens au pays», avait réagi le premier ministre en conférence de presse quelques heures plus tôt.

Impossible à effacer définitivement

Du côté des exploitants de PornHub, on réitère travailler fort pour détecter puis retirer les contenus offensants.

Les chiffres avancés par la multinationale au New York Times laissent toutefois sceptiques.

Pornhub avance que l'Internet Watch Foundation, une organisation britannique qui lutte contre la pornographie juvénile, n'a signalé que 118 images sur le site sur une période de trois ans. À titre de comparaison, Facebook dit avoir eu à supprimer 12,4 millions d’images de ce genre en à peine trois mois cette année.

De nombreuses victimes expliquent que la méthode de fonctionnement de PornHub explique pourquoi il est si difficile de contrôler ce qui est diffusé.

Car à l’instar de YouTube, les utilisateurs de ce site XXX peuvent publier eux-mêmes des vidéos. Mais contrairement à YouTube, ils peuvent aussi directement télécharger sur le site des vidéos qu’ils aiment.

Bref, même quand une vidéo est effacée parce que jugée inappropriée, elle peut rapidement être remise en ligne par un autre utilisateur.

Selon SimilarWeb, PornHub serait le 10e site internet le plus consulté dans le monde, devant des géants, comme Amazon et Netflix.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.