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Sommes-nous plus riches qu’on le pense grâce à la folie boursière?

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Photo AFP Un courtier sur le parquet de la Bourse de New York.

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Au creux boursier du 23 mars dernier, les bourses accusaient de monstrueuses pertes allant de 25 % à 36 % par rapport à la clôture de décembre 2019.

Mais, depuis ce creux, les marchés ont littéralement explosé. Non seulement a-t-on récupéré les lourdes pertes subies lors des trois premiers mois de l’année, mais les grands indices américains se sont même permis, eux, d’enregistrer des records historiques.

Mettons que le 23 mars dernier, vous aviez décidé d’investir dans l’un des trois FNB (fonds négociés en Bourse) qui copient le Dow Jones (symbole boursier : DIA), le S&P 500 (symbole : XUS) ou le Nasdaq (symbole : XQQ).

Eh bien, le Nasdaq vous aurait rapporté en huit mois 840 $ par tranche de 1000 $ d’investissement, pour un rendement de 84 %. Avec le S&P 500, vous auriez empoché 652 $ et, avec le Dow Jones, 627 $, pour des rendements respectifs de 65,2 % et 62,7 %. Le tout en seulement huit mois !

Remarquez qu’en investissant dans la Bourse canadienne, supposons dans le FNB qui calque l’indice S&P/TSX de Toronto, dont le symbole boursier est XIC, votre placement aurait quand même rapporté 539 $ par tranche de 1000 $ d’investissement, soit un rendement de 53,9 %.

Convenons que ce sont là des rendements exceptionnels. Chose certaine, fort peu de petits investisseurs avaient les moyens financiers et le degré de tolérance aux risques requis pour réinjecter de l’argent en Bourse le 23 mars dernier lorsque les marchés étaient en pleine crise.

En cette année de COVID

Quoi qu’il en soit, l’explosive reprise boursière des huit derniers mois a quand même permis à tous les détenteurs d’actions et de fonds d’actions d’en profiter, ne serait-ce qu’en récupérant en tout ou en partie les pertes subies sur papier entre la fin de décembre et le 23 mars dernier.

Quelle bonne surprise ! Alors que l’année 2020 s’annonçait catastrophique à cause des conséquences économiques de la pandémie du coronavirus, voilà que les marchés financiers, eux, ont fait un pied de nez à la COVID-19.

Cela a permis en fin de compte à nos portefeuilles de placement de se tirer d’affaire relativement bien en cette difficile période de crise sanitaire et économique.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard avec Richard Martineau sur QUB radio:

Des obligations en feu

Au Canada, c’est le marché obligataire, c’est-à-dire le marché des obligations négociables émises par le fédéral, les provinces et les entreprises, qui remporte jusqu’à présent en 2020 les grands honneurs de la performance.

En 11 mois, l’indice des obligations canadiennes (FTSE Canada obligations univers) affiche un gain de 8,3 %. Et l’indice FTSE Canada des obligations à long terme a bondi pour sa part de 11,5 % depuis le début de l’année.

Pendant cette même période, le baromètre de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a augmenté de 3,7 %.

Cela paraît certes modeste comme hausse boursière, mais il faut se rappeler qu’en mars, la Bourse de Toronto accusait de lourdes pertes de 34,5 %.

Des actions lucratives

Aux États-Unis, le Nasdaq, l’indice reconnu pour ses titres vedettes du monde de l’internet, de l’informatique et de la biotechnologie, a littéralement explosé, car il enregistre des gains de 36 % depuis le début de l’année.

Le plus grand indice de la Bourse de New York, soit le S&P 500, rapporte jusqu’à présent un rendement de 14 %. Il dame solidement le pion au Dow Jones, le plus populaire indice boursier au monde. Le Dow Jones présente jusqu’à maintenant une modeste performance de 3,9 %.

Une diversification payante

Ici, au Canada, ce sont les détenteurs de portefeuilles diversifiés qui, depuis le début de l’année, bénéficient le plus de cette conjoncture financière particulière où le rendement des obligations dépasse celui des actions au Canada.

Supposons que votre portefeuille renferme trois types de fonds négociés en Bourse, soit celui des obligations canadiennes basé sur l’indice FTSE Canada univers (symbole boursier : XBB), celui des actions canadiennes basé sur l’indice S&P/TSX de Toronto (symbole : XIC) et celui des actions étrangères basé sur le MSCI monde (symbole : XWD).

À la lumière des rendements compilés par la firme Aubin Actuaire, vous constaterez que le rendement des portefeuilles diversifiés a cependant varié très peu entre un portefeuille à forte concentration d’obligations (85 % d’obligations vs 15 % d’actions) et un portefeuille misant surtout sur les actions (65 % d’actions vs 35 % d’obligations).

L’écart de rendement a varié d’à peine 4/10 de point de pourcentage, allant de 7,8 % pour le portefeuille axé sur les actions à 8,2 % pour celui privilégiant les obligations.

Par tranche de portefeuille de 10 000 $, on parle à peine d’un écart de 40 $. 

RENDEMENT DES PORTEFEUILLES DIVERSIFIÉS  

ALLOCATIONS D'ACTIFS 



Obligations (XBB) 85,0 % 65,0 % 50,0 % 35,0 %
Actions canadiennes (XIC) 7,5 % 17,5 % 25,0 % 32,5 %
Actions mondiales (XWD) 7,5 % 17,5 % 25,0 % 32,5 %
RENDEMENT



Année à date  8,2 % 8,0 % 7,9 % 7,8 %
AVEC UN PORTE-FEUILLE



De 10 000 $ 820 $ 800 $ 790 $ 780 $
De 50 000 $ 4100 $ 4000 $ 3950 $ 3900 $
De 100 000 $8200 $8000 $7900 $7800 $
De 300 000 $24 600 $24 000 $23 700 $23 400 $
De 500 000 $ 41 000 $ 40 000 $ 39 500 $ 39 000 $